Demain c’est le printemps, le retour des beaux jours, le retour des régates, le moment de retrouver les pontons et les bateaux. Certains s’entraînent l’hiver mais à Port-Camargue, là où se trouve Félibre, il ne se passe pas grand chose, surtout chez les ministes. A vrai dire je ne me suis pas non plus précipitée, soyons honnête. Il y a plusieurs raisons à cela, outre le manque d’enthousiasme lié à la température et l’absence des copains. La principale cause de cette trêve c’est certainement le rythme intensif du reste de l’année en terme de navigations. L’an dernier j’ai passé plus de temps sur l’eau qu’à terre de début Mai à fin Juillet, 5 semaines complètes de navigation et un paquet d’heures de préparation. Cette année avec la Transat qui approche ce seront 2 mois non stop de navigation plus deux semaines d’entraînement et un nombre d’heure incalculable (ou du moins que je ne préfère pas calculer!) de préparatifs. Donc autant ne pas commencer trop fort sinon c’est l’overdose assurée… Et puis ça permet aussi de voir tous les amis et la famille délaissés le reste du temps.
Mais quand même ça ne s’arrête jamais. A défaut d’être physiquement sur le bateau on y pense, on prévoit, on s’organise.
Activité principale: remonter sur la liste d’attente de la Transat. Pour ceux qui auraient manqué ce terrible drame cet article vous résumera le problème. L’avantage de cette première occupation est que ça ne demande pas d’effort, juste de l’endurance. L’ennui c’est d’être totalement impuissant, à voir son sort se jouer au fil des places gagnées, ça use le moral. Je vous rassure il semblerait que d’autres démissions soient à venir, que je puisse partir et le savoir suffisamment tôt pour m’organiser. Le problème c’est que ce n’est pas le cas de la majorité de mes amis, notamment de Gaël qui devra apparemment attendre le dernier moment pour être fixé. Et ça bien sûr c’est pas marrant. Je dirai même que ça enlève beaucoup au charme de la course.
A part ça je lance donc mon blog, ce qui prend du temps. Je vais essayer de finir mes rubriques et d’écrire régulièrement. J’achète aussi des tas de trucs pour mettre à bord de Félibre. Tout un bazar est obligatoire pour pouvoir courir au sein de la Classe qui veille à notre sécurité. Elle édite tous les ans un guide mini qui est en fait un code à respecter. On y apprend que l’on doit avoir des fusées de détresse, une pharmacie, un radeau de survie, des seaux, de la nourriture et de l’eau, j’en passe… Et chaque année ce guide s’étoffe, selon les retours des années précédentes et la mise en conformité avec les règles internationales en vigueur, qui elles aussi évoluent. Cette année je voyagerai donc non seulement avec tout ce que j’avais déjà mais j’aurai le plaisir de retrouver à bord un nombre non négligeable de choses pas forcément très utiles et par contre très chères. En vrac une perche IOR (genre de perche gonflable repliée et stockée à l’extérieur du bateau, prête à être lancée à quelqu’un qui serait tombé à l’eau) à 100€, un nouveau câble d’antenne VHF (mieux que le précédent parait-il) à 20€, des réflecteurs radars en nombre (5 au lieu d’1!) 20€ pièce, même combat pour les fusées de détresse, des robinets pour mes bidons d’eau etc etc… Le problème dans tout ça, c’est certain, c’est le prix. Mais bon autant se faire à l’idée, 2007 se finira autour d’une assiette de patate, sans beurre.
Et au cas où tout ça ne suffirait pas à occuper les longues soirées d’hiver Manu m’a prêté un bouquin de météo qui semble avoir une solide réputation, en plus d’une imposante épaisseur. Promis Manu je commence demain dans le TGV et j’essaierai de suivre ton exemple. (Y’a du boulot, je sais!!)
Et le bateau dans tout ça, qu’est ce qu’il fait lui? Eh bien il se fait agresser et coloniser par la faune sous-marine de Port-Camargue, qui n’est pas très loin d’un film de science-fiction. En quelques semaines il est plein de mousse verte et de coquillages, c’est l’horreur. Du coup avant la prochaine utilisation je vais devoir le gruter et arracher tout ça. Comme on pouvait s’en douter les coquillages voudront un souvenir en partant et ils emmèneront gentillement avec eux une partie de l’antifooling, de la primaire (couche qui est en-dessous de l’antifooling), voir même de l’époxy. Et devinez qui va reboucher tout ça…