Archives pour juillet 2007

Transgascogne, 1ère étape: baston!

Mercredi 25 juillet 2007

Me revoilà de retour à terre, après deux jours éprouvants. Comme vous avez pu le lire dans le post précédent les conditions météo ont été particulièrement dures, et franchement pires que prévues. Au moment du briefing dimanche matin on nous annonçait d’abord un vent de Sud d’une bonne dizaine de nœuds puis de l’Ouest, 30 à 35 nds établis avec quelques rafales pour le lundi. Un passage classique de dépression. Et on était censé arriver le lundi soir. Voilà pour le programme. Sauf que la météo a décidé de faire une petite variante pour nous rappeler que la mer fait ce qu’elle veut et qu’on est à sa merci. Pour nous rappeler aussi que parfois la course au large c’est dangereux et que rien n’est acquis d’avance. Et pour finir que la météo n’est pas une science exacte.

On pensait donc repartir pour un genre de Mini Solo bis. Du coup forte de cette dernière expérience encore bien fraiche dans mon esprit j’ai soigneusement préparé le bateau le matin du départ: j’ai arrimé les caisses, préparé les affaires chaudes (polaires, chaussettes, bonnet, bottes) dans un coin, gardé un sac de pain près de la couchette, prévu les trois ris et mis à disposition le tourmentin, toute petite voile d’avant fluo réservée à la tempête.

Me voilà parée, et curieusement je ne suis pas tellement inquiète, juste très fatiguée par le rythme de la semaine de préparation. Du coup je ne me sens pas en forme et je décide d’y aller tranquillement. Nous partons, passons la bouée de dégagement, redescendons vers Port Bourgenay sous spi. Les manœuvres se passent bien, je suis contente de moi. Ensuite nous mettons le cap sur les Sables d’Olonne. Certains bateaux sortent leur gennaker, j’ai la flemme, je n’ai toujours pas reçu le nouveau qui devait être sur enrouleur. Je me dis qu’une fois rentré à l’intérieur il va prendre une place incroyable et va m’embêter une fois le mauvais temps arrivé. Je perds quelques places, tant pis. Puis ça y est, cap au large. Nous allons à la rencontre du front de la dépression, vers l’Ouest afin de toucher au plus vite la bascule qui nous permettra de faire route directe sur Santander. J’ai bien étudié mon bouquin météo, pour une fois je suis à peu près au point. Je scrute le ciel à la recherche des indices. Peu à peu la couverture nuageuse augmente, le fameux halo apparaît autour du soleil. Nous sommes au débridé, c’est-à-dire pas au plus proche de la route mais avec un bon compromis entre le cap et la vitesse. Le pilote barre mieux que moi puisqu’il s’agit de garder une direction fixe. Je suis bord à bord avec Manu, un copain. J’en profite pour aller dormir, en prévision de la nuit musclée qui s’annonce. Je m’accorde des tranches de 10 min de sommeil entre lesquelles je vérifie les réglages et les éventuels obstacles.

La nuit approche, il commence à faire un peu plus froid. Prudemment je prends les devants et enfile toutes les couches de polaires, pas question d’attendre le coup de vent et de se changer au milieu des voiles trempées. Je mange une bonne boîte de raviolis histoire d’être parée. J’ai un peu l’impression de partir au combat. Le ciel devient noir puis subitement il se met à pleuvoir. Je repars me cacher à l’intérieur, toujours des petites siestes de 10 min. Il s’agit de ne pas rater la bascule. Le vent tourne progressivement, je règle le pilote régulièrement pour suivre la rotation. Je vois beaucoup de lumières de bateaux, tous de la course, 70 concurrents ça fait du monde! Et la nuit entière va se passer comme ça, plus au moins sous la pluie.

Au petit matin je décide qu’il est temps de virer. Cette fois je ne vois plus personne, difficile de prendre une décision seule mais il faut bien tourner un jour! Il est 6h. Première mauvaise nouvelle le vent n’est pas vraiment établi à l’Ouest, mais plus à l’Ouest Sud Ouest, ce qui fait qu’on doit faire du près (allure la plus proche du vent) et pas du vent de travers comme prévu. Le problème c’est que d’une part c’est moins rapide, d’autre part c’est plus gité (le bateau penche plus) ce qui va poser un problème lorsque le vent va forcir. Je m’inquiète, me demande si c’est normal, si j’ai attendu assez longtemps avant de virer, si j’ai bien passé le front… En fait il semblerait que oui et le vent restera dans cette direction toute la journée du lundi.

Par contre il forcit. J’avais déjà pris deux ris pendant la nuit dans ma belle grand’voile toute neuve, et ça m’avait fait un peu mal au cœur. Je ne tarde pas à prendre le 3ème et dernier! Mais plus ça va plus le vent monte. Déjà 30 nds établis, le bateau est littéralement couché. Je m’angoisse, la mer commence à être agitée. Devant j’ai encore le solent arrisé, je sens qu’il faut mettre le tourmentin. La perspective d’aller sur la plage avant, à moitié verticale, sous l’eau ne me réjouit guère. Je ne vois aucun bateau. A la vhf je n’entends absolument personne, pas de bateau accompagnateur, pas de concurrent, c’est le stress. Tout à coup une voix perce, c’est celle de Cécile, très inquiète elle aussi, qui veut parler à quelqu’un. Simon lui répond, lui conseille de mettre son tourmentin en prenant directement un ris dedans. Ca me conforte, j’y vais. En fait la manœuvre se passe très bien, plutôt vite, sans être trempée car les vagues sont grosses, le bateau arrive à monter et à redescendre sans les transpercer. Pour le moment ça ne déferle pas trop.

Je reviens à l’arrière, contente de mes nouvelles lignes de vie (sangles qui vont de l’arrière à l’avant du bateau sur lesquelles on s’accroche pour ne pas tomber dans l’eau). J’arrive à m’accrocher de l’intérieur du bateau et je peux tout faire sans me décrocher, c’est chouette et sécurisant. Le hic c’est que j’ai mis le minimum de voile que je peux et le vent monte encore.

Je barre depuis plusieurs heures déjà, je suis fatiguée, je n’ai rien mangé depuis la veille au soir, je ne suis pas rassurée, le mal de mer commence à me gagner. J’entends Simon dire à Cécile que lui est à l’intérieur avec la barre attachée. J’essaie de faire même en bloquant la barre à l’aide du vérin du pilote, lui-même en stand-by. Le temps de rentrer, de me coucher intégralement trempée à force de prendre des vagues (je ne quitte rien, je plonge sur mon matelas comme ça) et je sens le bateau qui vire tout seul. Je ressors en courant, en prenant quand même le temps de m’attacher. La barre présente tellement d’efforts qu’elle a réussi à sortir le vérin toute seule. Je mets 15 min à remettre le bateau en ordre puis je décide que je vais tenter de faire marche le pilote. Il faut que j’accepte de descendre de 10° de plus (donc de faire une route moins proche de Santander) mais ça marche. Ca me parait être une bonne solution car maintenant le bateau est bien couché, il est difficile de tenir assise dehors. En plus il y a de grosses déferlantes, les vagues sont énormes et je trouve que le risque de se faire arracher n’est pas négligeable. Bien sûr étant attachée je risque seulement de me faire projeter de l’autre côté mais la chute peut être mauvaise, inutile de tente le diable. Je rentre me coucher (assise je suis sûre d’être malade) en mangeant un peu de pain, en position fœtale pour essayer de me réchauffer. Je m’endors le pain à la main, comme un nourisson. Je suis vite réveillée, le bateau a à nouveau viré. Cette fois ça m’énerve. Nouvelle sortie précipitée, empannage et ça repart. 15 min plus tard encore la même chose mais cette fois je comprends d’où vient le problème. Lorsque les rafales sont trop fortes, le bateau se couche, le mât est presque dans l’eau et à cause de l’inertie et de la pesanteur le pilote se soulève de son ergot et la barre se décroche. Et comme la grand’voile est un peu trop grande par rapport au tourmentin le bateau vire. Cette fois je ressors avec de quoi accrocher le pilote à la barre de manière efficace, et ça marche. Je dors par tranche de 30 min cette fois, histoire de repérer un éventuel pêcheur. J’en croiserai d’ailleurs un dans la journée.

Tout à coup je m’aperçois que les genres d’étagères du côté sous le vent du bateau sont remplies d’eau et font piscine à débordement vers le fond du bateau, ce qui bien sûr accentue la gite. Ca ne va pas du tout il y a au moins 50 litres d’eau. D’où vient-elle? En fait samedi soir après le prologue pour faire une réparation j’ai dû dévisser une vis du pont pour la remettre ailleurs et la nuit tombant j’ai oublié de reboucher le trou (du 6!). Et il se trouve qu’avec la gite actuelle, les chandeliers sont intégralement sous l’eau en permanence, et le rail de génois aussi. Du coup le trou est également sous l’eau en permanence, ce qui fait que j’ai une arrivée d’eau continue de diamètre 6! Ni une ni deux je sors le pistolet à mastic siliconé, j’enfonce le bout dans le trou et j’appuie à fond sur la gachette. Miracle ça ne coule plus. Un petit coup de scotch pour assurer les arrières, la même opération dehors sous l’eau (du coup j’ai les bras trempés jusqu’aux coudes et les jambes jusqu’aux genoux) et la fuite est maitrisée. Reste à sortir l’eau qui est rentrée. Et là c’est “aquaboulevard” ou “intervilles”, comme on veut. En gros le bateau penche de 60 à 80 degrés avec d’énormes coups brutaux. Je remplis le seau à moitié, tente de monter les trois marches de la descente, passer le seau par le trou sans ouvrir le capot pour ne pas qu’une déferlante rentre, vider le seau sans le lâcher et réitérer l’opération une dizaine de fois, sans vomir. Je réussis à faire deux seaux puis je file me coucher, trop malade pour continuer. 15 min de sieste plus tard je recommence, etc… J’ai réussi à me prendre un seau complet sur le coin de la figure durant les 3 marches et j’ai cru m’être cassé le nez. Aujourd’hui j’ai encore mal mais ça va! J’ai aussi réussi à me coincer le doigt dans la descente, ça a saigné sous l’ongle mais on fait aller!

Le bateau est plus ou moins vide, je suis fière de moi. Dehors l’enfer continue, il y a entre 40 et 50 nds, les vagues arrachent tout ce qui a le malheur d’être mal arrimé sur le pont. Je songe à enlever complètement la GV mais ça parait impossible à faire avec le vent qu’il y a et surtout les grosses vagues. A retenir pour la prochaine fois, installer un 4ème ris. Ca sera fait dès mon retour. A l’intérieur le matelas se déplace à chaque vague, toutes les 15 min je dois me repousser vers le fond. Je suis calfeutrée dans un genre de petit caisson, j’imagine que c’est l’endroit le plus sûr si jamais le bateau fait un tour sur lui-même, mât sous l’eau? Moi je ne me déplacerai pas de beaucoup et surtout je ne croiserai pas tout le bazar (caisses de nourriture, caisse à outils, réchaud ou autre) qui fera le tour en même temps que moi. Il faut quand même préciser que beaucoup ont vécu cette expérience durant la course, c’est dire les vagues.

Finalement toute la journée se passe comme ça, dans l’angoisse de n’entendre personne à part quelques relais d’appels de détresse, de voir le vent monter un peu plus ou le bateau faire un tonneau. Seule rencontre “humaine” et presque rassurante, un avion de recherche des secours qui survole la zone à la recherche d’un concurrent qui coule. Je me dis que quand même quelqu’un veille sur nous.

J’ai le temps de me demander ce que je fais là et si c’est bien raisonnable de faire la Transat, mais je fais le dos rond, pas d’autre choix. Je me remémore le livre de météo qui dit qu’une traine de dépression passe généralement en 8h. Je regrette de ne pas avoir de BLU en état de marche pour écouter un éventuel bulletin météo rassurant. Je traverse quelques grains terribles. A l’intérieur il pleut, ça relève du déluge, ça fouette le visage en faisant très mal et le vent monte encore, l’écume vole. Par contre la mer est lissée par la pluie et le vent. Heureusement ça ne dure que quelques minutes à chaque fois.

A la fin de la journée le vent mollit et je trouve que ça devient très cool, je regarde mon anémomètre qui affiche encore 27 nds! Peu à peu le vent tourne et on peut recommencer à viser Santander. Je passe encore la nuit au fond de la bannette, par tranches de 30 min. Je surveille à l’aide du voltmètre les batteries pour ne pas les faire descendre trop bas en tension, le pilote consomme beaucoup. Au lever du jour je reprends la barre car le bateau tape violemment contre les vagues, plus courtes et cassantes près des côtes. Je vois Santander à 20 milles. Peu à peu le vent mollit, je renvoie deux ris. Le deuxième ne fut pas une mince affaire car il y avait un genre de gros nœuds dans la bosse de ris (bout qui retient la toile), le feu à retournement et le safran!!! En effet les bouts avaient été emportés par les déferlantes et trainaient dans l’eau et du coup se sont pris dans les safrans. Pareil pour le feu à retournement que j’ai trainé dans l’eau pendant 140 milles! Heureusement j’avais pris soin de dévisser l’ampoule donc au moins il n’était pas éclairé! A coup de couteau j’ai soldé l’affaire. Et vers 9h30 je crois j’ai coupé la ligne avec comme premier soucis de savoir où étaient mes amis et comme seconde priorité de prévenir ma famille de mon arrivée. Bertrand avait fait demi-tour vers la Rochelle, Dominique était à Bilbao, Simon avait deux heures d’avance sur moi et Manu une heure de retard. Dominique et Simon ont fait un demi-tonneau. La structure du bateau de Simon est trop endommagée pour rentrer à la voile. Celle de Dominique devra être réparée mais suffit à rentrer, par contre le matériel électronique en tête de mât n’existe presque plus et il n’est pas le seul dans la flotte. Moi après un check up complet, quelques heures à sécher le bateau, une bonne douche j’arrive au résultat très confortable de zéro dégât sur la fille et le bateau.

L’expérience n’a pas été agréable, on a atteint les limites du bateau mais j’ai pu constaté que j’avais eu les bons réflexes et que je vais pouvoir apporter la seule amélioration utile, à savoir le 4ème ris.

En attendant la deuxième étape plus calme je me repose, mange, dors et aide les copains. On est reçu comme des princes au yacht club de Santander, avec énorme petit-déjeuner le jour de l’arrivée, apéro à 13h à la mairie, soirée ce soir à 20, remise des prix dans un château demain soir, ticket bar offerts… On rattrape les coups durs de ces deux derniers jours!

Une petit précision pour ceux qui ont suivi mes aventures et que je remercie vivement (J’ai beaucoup pensé à vous sur l’eau). Ma balise Argos a affichée 26,6 nds à un moment, comme l’indique Laurent dans son commentaire sur le post précent. En fait j’ai bien dû faire cette vitesse mais sans m’en rendre compte car il s’agit d’une vitesse instantanée et si l’on regarde le cap (243) ça correspond à l’axe des déferlantes et pas au cap que je suivais à la voile. La mesure à dû être faire pile au moment où elle me tapait sur le côté en me propulsant avec elle violemment!

Sophie et Félibre, sans casse à Santander !

Mercredi 25 juillet 2007

Sophie, quelques bleus en plus mais un bateau en entier, a terminé à la 15ème place de cette première étape musclée !  Sur 28 partants du classement série en solitaire, 7 ont dû abandonner sur avaries plus ou moins grave.

Avec 3 ris dans la grand voile et 2 dans la voile d’avant, Sophie a fait sa course et est arrivée ce matin à 7h30 accueillie au port par un bon petit déjeuner avant d’aller faire une bonne sieste…

Comme Félibre n’a pas subit de grosse casse, Sophie va pouvoir se reposer, profiter du soleil, aider quelques copains malchanceux avant de reprendre la mer samedi 28.

En attendant la suite des aventures que Sophie vous écrira dans le détail, voici le résumé de la course par l’organisation.

 

Grand frais sur Gascogne

La onzième édition de la Transgascogne a subi de plein fouet un renforcement du vent d’Ouest entre la Vendée et l’Espagne : plusieurs Minis ont dû demander assistance mais le gros de la flotte a fait le gros dos pour arriver groupé à Santander. Derrière Isabelle Joschke, trois autres prototypes sont à moins d’une heure…

Certains concurrents ont été surpris par les conditions rencontrées pour ce parcours direct entre Port Bourgenay et Santander et plusieurs Minis ont fait appel aux services de sécurité maritime en raison des avaries qu’ils ont subies. Ainsi sur les 73 partants dimanche à 12h02, neuf bateaux ont été secourus suite à de légères blessures, de démâtages, de bris de safran, de voies d’eau, de souci de quille… Tous problèmes résolus ce mardi midi. Il faut dire que la situation météorologique s’est dégradée rapidement lundi après-midi alors que le vent basculait franchement au secteur Ouest en forcissant à plus de trente-cinq nœuds avec rafales. Et la mer se formait au point de générer des creux de plus de trois mètres avec des vagues courtes qui ont été à l’origine de la majorité des problèmes techniques rencontrés par les concurrents.

En début d’après-midi, Benjamin Delage (G2LOQ) a été hélitreuillé à La Rochelle en bonne santé tandis que Frédéric Hansen (Ostrogo) rentrait par ses propres moyens à Port Bourgenay après des soucis sur sa quille, tout comme Adrien Hardy (Brossard) revenu aux Sables d’Olonne et le Croate Sime Stipenicev (Marina Tribunj) en route vers Arcachon, tous deux ayant démâté. Blackboulés par une vague, Fabienne Robin (Petite Louve), puis Benoît Sineau (Cachaca) et Elodie Riou (KPMG) déploraient une voie d’eau suffisamment importante pour être secourus. Quant à David Allouch (Sabre 2), il avait brisé ses deux safrans mais essayait de résoudre ses problèmes sans assistance. Juste avant la nuit, l’Espagnol Alvaro Lopez Doriga (Arte y Naturaleza) démâtait et son équipier blessé devait être secouru en remorque vers Bilbao. Enfin, le Portugais Francisco Lobato (BPI) grand favori parmi les voiliers de série, démâtait à son tour à quelques milles de l’arrivée à Santander, tout comme Julien Bigot (Brigitte).

Maniable mais musclé

Ces conditions difficiles mais tout de même maniables ont mis à l’épreuve le matériel mais aussi les marins qui ont tenu sous voilure réduite pour progresser vers les côtes espagnoles où la brise faiblissait progressivement : ce mardi matin, ce n’était plus qu’une quinzaine de nœuds qui balayait les côtes ibériques alors que plus des trois quarts de la flotte étaient amarrés à Santander. Isabelle Joschke (Degrémont Synergie) s’est finalement imposée sur la ligne d’arrivée après un peu plus de trente-deux heures de course, devant Fabien Després (Soitec) et Peter Laurayssens (Ecover) tandis que parmi les voiliers de série, Nicolas Bunoust (Un défi pour la terre) remportait cette première étape parmi les voiliers de série en solitaire.

Transgascogne

Lundi 16 juillet 2007

Comme vous avez pu voir dans la rubrique “Programme de l’année” et au travers de mes articles les plus récents, le week-end prochain je prendrai le départ de la Transgascogne. Cette course peut être courue en double ou en solitaire, ce qu’il fait qu’il y aura 4 catégories, selon que les bateaux sont de série ou prototypes, en double ou en solo. Pour ma part je serai classée en solo, et bien sûr en série, soit théoriquement les bateaux les plus lents!

La course est constituée de deux étapes, différentes l’une de l’autre. Le trajet aller fait 330 milles et passe au Nord de Belle-Île avant de redescendre vers Santander en Espagne. La seconde étape est directe entre Santander et Port Bourgenay (à côté des Sables d’Olonne) et ne fait “que” 200 milles

Parcours de la Transgascogne

Samedi prochain (21 Juillet) aura lieu un prologue, obligatoire, mais qui ne compte pas dans les résultats puis dimanche à 12h02 ce sera le départ de la première étape à Port Bourgenay. L’arrivée est prévue à partir du mercredi soir. Le départ de la seconde étape est ensuite donnée le samedi suivant (28 Juillet) à 12h02 pour une arrivée estimée vers le lundi.

Il y aura 80 bateaux sur la ligne de départ, ça sera donc la plus grosse course à laquelle j’aurai participé en Mini, a fortiori en solo! Et ça sera aussi un bon entraînement pour la Transat et ses 84 partants… Ca sera également ma plus longue course en solo, mais en deux étapes qui font presque chacune une Mini Barcelona (course faite en Octobre dernier). Et l’occasion de retrouver l’Espagne durant l’escale, comme lors de la Pornic Baiona. D’ailleurs Lionel Regnier avec qui j’avais participé à cette course fera partie des bateaux accompagnateurs, et m’héberge durant la semaine avant le départ, merci à lui!

Seul regret Gaël ne sera pas de la partie. D’abord il attend d’être sûr de faire la Transat pour emmener Okoumé en Atlantique, ce qui vu le bazar que ça représente est plutôt sage. Donc pas de Transgascogne pour Okoumé. On a ensuite pensé la faire en double ensemble mais Gaël n’a pas pu obtenir les congés nécessaires.

Concernant le suivi de la course nous aurons à bord une balise Argos qui donnera automatiquement à l’organisation notre position, plusieurs fois par jour. Il sera donc possible de nous suivre quasiement en temps réel sur le site de la Transgascogne, peut-être même grâce à une cartographie? Isabelle vous donnera aussi ici quelques nouvelles, comme lors de la Mini Lions. Enfin je tâcherai de vous écrire depuis l’escale. En revanche après l’arrivée soyez patients car je devrai d’abord convoyer Félibre jusqu’à Soubize où il restera tout le mois d’Août, comme expliqué dans mon post précédent “A deux mois du départ“.

Le premier objectif c’est de ramener le bateau (et le skipper!) entier car je n’aurai pas le temps ensuite de faire de grosses réparations et il s’agit de ne pas gâcher à deux mois du départ tous les efforts faits jusqu’à présent. Le second objectif c’est de prendre un peu mes marques en solo car ma dernière course en solo, la Mini Solo, tenait plus de la survie que de la course. Le troisième et dernier objectif est d’essayer mes nouvelles voiles, notamment le gennaker sur enrouleur. Bien sûr je vais tenter de faire de mon mieux mais compte tenu de tous ces éléments et des grosses pointures qui seront au rendez-vous ne m’attendez pas trop aux premières places!

A deux mois du départ…

Lundi 16 juillet 2007

Voilà, c’est très exactement dans deux mois que je prendrai le départ de la Transat 6,50. Les choses s’accélèrent, il ne reste plus qu’une course, la Transgascogne, pour s’entraîner. Après cette course et les derniers préparatifs qui vont avec je ne reverrai sans doute plus Félibre avant la Rochelle!

Les voiles sont bientôt finies, les photocopies des instructions nautiques sont faites, les bouts des bastaques et des barbers de spi ont été changés, le diabolo du panneau solaire est tout neuf, les sacs à bouts sont achetés, il ne reste plus qu’à les monter, j’ai aussi de nouvelles écoutes de génois… et j’ai enfin trouvé le moyen d’avoir de la musique à bord, et ça c’est très chouette, surtout quand on est longtemps tout seul.

J’ai même acheté samedi un guide de voyage du Brésil, histoire de cerner un peu ce pays immense que l’on se donne tant de mal à atteindre. Il s’agit aussi de penser à réserver un vol retour, et donc de voir ce que l’on voudra faire une fois là-bas. Et visiblement on ne risque pas de manquer d’idées, juste de temps! Il fallait aussi penser à vérifier la validité du passeport, commander une carte vitale internationale, vérifier les vaccins obligatoires… A ce sujet la pharmacie de bord est entre les mains de Papa, qui s’occupe de m’en refaire une bien à jour.

J’ai également pensé à trouver un garage pour 3 mois pour la voiture qui ne peut pas rester dans la rue aussi longtemps, faire transférer le courrier avant que la boîte aux lettres n’explose, renouveler la carte bleue qui expire pile en Septembre (!) et je cherche encore un éventuel locataire pour occuper et surveiller ma maison pendant 3 mois.

Enfin j’ai trouvé grâce à Isabelle un endroit où laisser gratuitement mon bateau durant tout le mois d’Août, pas trop loin de la Rochelle, dans un chantier clos et surveillé à Soubise, et ça c’est un gros soulagement, merci Isa!

Comme je l’avais déjà constaté, préparer la Transat ça passe par un tas de choses qui n’ont pas forcément de rapport avec la navigation!

Et il ne faut pas que j’oublie de vous annoncer une excellente nouvelle, la nouvelle liste d’attente de la Transat 6,50 prenant en compte les derniers désistements est parue, et Gaël n’est plus qu’à deux places, ça devrait bientôt être bon…

Convoi exceptionnel

Vendredi 13 juillet 2007

Voiture escorte

Hier après-midi c’était le grand départ de Félibre pour l’Atlantique, en camion. Nous avions rendez-vous, Dominique et moi à 14h avec les grutiers pour charger Yamm (son bateau, jaune) et Félibre avec leurs bers sur le camion. Il y avait d’abord quelques changements de bers à effectuer suite à la pagaille de samedi dernier mais cette fois les grutiers ont été charmants et tout s’est bien déroulé, même si Dominique et moi avons eu quelques frayeurs.

Il faut dire qu’il y avait de quoi. Pour monter sur le camion qui est assez haut il faut utiliser la plus grande grue, et elle est vraiment immense. Le bateau est posé, sans attache, sur le ber qui est lui porté par deux sangles qui elles-mêmes sont reliés à un seul point, le crochet du bout du mât de la grue. L’opération nécessite donc de bien centrer le crochet sinon le ber s’incline dangereusement, et le bateau pareil. L’aventure s’est soldée par une rayure sur ma belle quille tout juste peinte en orange (rien de grave mais c’est contrariant), et le passage à deux doigts de la destruction du ber de Dominique (un trou dans le goudron du parking en témoigne), de la girouette anémomètre de Gaël et d’un autre mini garé à côté qui n’avait rien à voir dans l’histoire… Ce fut chaud!

Grande grue          Félibre sous la grande grue

 Lorsque le camion est arrivé, premier constat il est vraiment immense et ne passe pas inaperçu, 32t à vide quand même! Sa longueur est vraiment impressionnante, et il parait qu’il peut encore déplier une partie!

Camion convoi exceptionnel     Les deux minis sur le camion     Yamm en approche du camion

Second constat, le ber de Dominique est trop large pour rentrer dans l’espèce de fosse du camion, du coup il se retrouve tout à l’arrière, en hauteur, tandis que le mien est bien caché entre le sien et la cabine du conducteur.

Ensuite les deux conducteurs (celui du camion et celui de la voiture ouvreuse jaune) ont sanglés très rapidement les bers et les bateaux sur les bers, en prenant bien soin d’eux, plaçant de la moquette pour les protéger, ça changeait un peu des grutiers. Et alors qu’ils se réjouissaient d’avoir fini rapidement, on leur fait remarquer qu’il reste les mâts! Et là ça n’a pas été une mince affaire. Il a fallu presque deux heures pour leur trouver une place et les sangler, sans les tordre ou les abimer.

 Mâts sur le camion     Mâts sur le camion 2     Mâts sur le camion 3

Et à 18h30 le camion est parti… Comme il n’arrivait pas à sortir de la zone technique car le virage est trop serré il est parti à contre sens!

Vue depuis le haut du camion          Départ du camion

Et comme c’est vraiment un gros convoi exceptionel il n’avait pas le droit de rouler aujourd’hui à partir de midi pour cause de 14 Juillet. Il arrivera donc seulement mardi matin à 10h, si d’ici là il n’y a pas de nouveau rebondissement… 

Peinture fluo

Vendredi 13 juillet 2007

Lors des travaux de printemps la carène de Félibre avait été recouverte d’antifooling gris, couleur du Speedy Carbonium. Néanmoins il est obligatoire pour les grandes courses au large (dans notre cas la Transat, et uniquement la Transat) de peindre les safrans, la quille et 1m² autour de la quille avec de la peinture orange fluo. En effet si le bateau venait à se retourner il serait beaucoup plus facile de le retrouver depuis un avion ou un hélicoptère avec le orange fluo que sans. Le problème c’est que cette peinture (peu utilisée vu son usage confidentiel et son prix) ne constitue pas une bonne protection contre la faune et la flore sous-marine, c’est pourquoi nous avions choisi de ne la passer qu’au dernier moment.

Mais nous y voilà au dernier moment! En effet mis à part la Transgascogne qui ne dure pas longtemps le bateau ne sera plus dans l’eau avant la Transat. Et pour Okoumé c’est le même constat, il est temps de se préparer. Samedi, profitant du grutage, nous avons donc procéder au masquage des bateaux afin d’éviter qu’ils ne finissent entièrement fluo!

Masquage des safrans          Masquage de la carène

Et mercredi midi Gaël a passé la couche de fluo au pistolet, ce qui donne:

Quille fluo     Quille fluo vue de profil     Safrans fluo

Vous me direz que personne ne serait venu voir sous la coque mais si!! La semaine avant le départ il paraît qu’un plongeur passe vérifier…

Navigation en famille, quelques photos

Mercredi 11 juillet 2007

Voici comme promis ici quelques photos de la sortie familiale du 23 Juin à bord de Félibre, avec parents et frangin.

On commence avec Papa, d’abord attentif puis à la barre durant un long moment avec même un bord sous spi et les manoeuvres d’envoi et d’affalage!

Papa, attentif          Papa à la barre 2

 

Papa, à la barre sous spi      Papa, toujours à la barre      Papa, qui grée

 

Pendant ce temps là bien sûr Maman et Renaud n’étaient pas en reste, occupés à manoeuvrer pour l’envoi et l’affalage du spi, à wincher et aussi pour Renaud à barrer.

Maman et Renaud, regardant l’horizon!          Renaud qui se marre

 

Maman      Renaud dans les haubans      Renaud à la barre

 

Visiblement ça leur plait!          Papa et Renaud au rangement

Démâtage et grutage

Mercredi 11 juillet 2007

Jeudi prochain Félibre part en Atlantique, afin de rejoindre la ligne de départ de la Transgascogne qui se rapproche à grands pas. Evidemment il n’est pas question d’y aller à la voile, c’est bien trop long puisqu’il faut faire le tour de l’Espagne et du Portugal… Du coup il s’offre une grande promenade en camion. Comme le bateau fait trois mètres de large et deux mètres de haut avec sa quille le plus simple est de faire appel à un transporteur spécialisé (Augizeau) au lieu de se battre avec remorque, convoi exceptionnel et permis E. Et tant qu’à faire autant prendre un gros plateau afin d’y mettre deux bateaux d’un coup. Félibre fera donc le voyage avec Yamm, le Super Calin de Dominique, qui m’avait guidé lors de ma qualification. Le départ est prévu jeudi, je tâcherai de vous mettre quelques photos vendredi prochain.

Mais avant de monter sur le camion il faut déjà sortir de l’eau et surtout enlever le mât, c’est quand même mieux pour circuler! Samedi dernier nous nous sommes donc retrouvés Dominique Gaël et moi pour gruter les bateaux et démâter (Gaël a simplement gruté son bateau sans le démâter car Okoumé ne participe pas à la Transgascogne). Avant de démâter il faut penser à déconnecter les câbles électriques de l’anémomètre, de l’antenne VHF et des feux, tout ce petit monde étant installé en tête de mât.

Tête de mât

Il faut ranger les drisses (cordes qui permettent de hisser les voiles) et défaire la bôme. Et enfin, le grand moment, accrocher le mât à la grue et enlever tout le gréement dormant, c’est à dire l’ensemble des câbles qui retiennent le mât: haubans, bastaques, étai. Puis la grue soulève le mât et le dépose sur le quai.

Je n’ai malheureusement pas de photo ni de vidéo car nous étions trop occupés, il s’agit de faire très attention durant l’opération à ne pas sectionner les fils qui sortent en bas du mât, ne pas abimer les instruments placés à son sommet en le posant à terre, ne pas heurter le bateau etc… Et les grutiers de Port-Camargue ne sont pas réputés pour leur gentillesse, leur douceur et leur bonne humeur, mais plutôt pour le nombre de bières avalées durant les heures de boulot et les calendriers pornos affichés dans leur local.

Ensuite il fallait poser Félibre sur son ber (sorte de berceau qui le maintient lorsqu’il est à terre). Le problème c’est que je n’ai pas vraiment de ber. A chaque fois j’en emprunte un mais cette fois c’est un emprunt de 5 mois car le ber sert à poser le bateau sur le plateau du transporteur puis à le ramener en cargo du Brésil. JC, skipper de Zoukati, à qui j’ai prêté ma remorque durant tout l’hiver me prêtera le sien, mais seulement à partir de mi-Août, en attendant j’utilise celui de Gaël, qui lui utilise ma remorque… Oui ça devient difficile à suivre mais ça reflète bien la complexité de la logistique pour la Transat, et l’entraide entre ministes.

L’affaire ne s’arrête pas là car le ber doit être démontable pour la Transat, afin qu’il soit plus simple (et donc moins cher) de l’emmener à vide au Brésil. Hors celui de Gaël ne l’était pas. Le pauvre a donc passé 4h samedi après-midi à couper à la disqueuse le ber en quatre points, puis visser quatre énormes plaques métalliques (bien coupantes) pour faire les jonctions, le tout sous un soleil de plomb et en 4ème vitesse étant donné que les grutiers souhaient avoir fini rapidement.  Il a été très rapide mais ce fût quand même long et finalement les bateaux ne sont pas sur les bons bers, il faudra les déplacer jeudi prochain avant qu’ils ne partent! Comme je vous disais, tout n’est pas simple!

Sophie lors du démâtage          Okoumé sur ma remorque

L’après-midi de dimanche fût consacré au chargement du matériel volumineux nécessaire pour la Transat (panneaux solaires supplémentaires, bout-dehors de rechange, bidons d’eau…)  à l’intérieur du bateau (histoire déviter de traverser toute la France en train ou en voiture avec!) et à la préparation du mât. Il a fallu démonter l’électronique placé au sommet trop fragile (et trop cher!!) pour rester en place, démonter les barres de flèches et s’assurer que rien ne frappe le mât pendant le transport. Le plus simple est de l’emballer régulièrement avec du cellophane…

Mât démâté

Nouvelles voiles

Mardi 10 juillet 2007

Ca y est j’ai commandé et payé samedi dernier les nouvelles voiles. Gros chèque et belle commande!

Je recevrai donc avant la Transgascogne une grand’voile, un génois et un gennaker. Pour les néophytes la grand’voile, appelée couramment GV est la voile principale, accrochée au mât (à l’avant de la voile) et à la bôme qui la maintient en bas. Nos GV, initialement triangulaire sont de plus en plus rectangulaire. Cet ajout de tissu vers le sommet du mât est appelé corne. Sur mon ancienne voile cette corne était toute petite et comme cela a de l’importance aux allures portantes -lorsque le vent vient de l’arrière- soit sur la majorité de la Transat du fait des alizés, j’ai décidé de m’offrir une nouvelle voile.

Le génois est la voile en avant du mât, elle aussi de forme grossièrement triangulaire. Le mien n’était pas très bien taillé, le nouveau sera le bienvenu.

Et pour finir le gennaker (dont les lecteurs assidus ont déjà beaucoup entendu parlé lors du récit de la Mini Lions) est une sorte de grand génois qui s’installe sur le bout-dehors. Le mien était également mal taillé.

Vous pouvez admirer ici une petite vidéo où je vous présentais, en course, la GV et le gennaker (c’est vers la fin).

Bien sûr c’est Gaël qui va me les faire, mais cette fois dans le cadre de son travail au sein de la voilerie Ettore.

Logo de la voilerie Ettore

C’est un investissement important (4800€ quand même!), pas vraiment obligatoire dans le sens où les anciennes voiles pouvaient encore tenir la coup mais quand même très utile pour la bonne marche du bateau dont elles sont le moteur. Je me suis dit que je ne ferai pas la Transat tous les jours donc autant se faire plaisir. Et puis je compte bien les revendre à mon retour du Brésil…

La grand’voile est en cours de fabrication. Voici donc quelques images de l’assemblage de la voile, des goussets, des renforts et de la pose du logo de classe obligatoire…

Assemblage de la GV          Logo de classe

 

Pose des renforts de GV          Renfort de GV

 

Fabrication des renforts de GV

Mini Solo, quelques photos

Mercredi 4 juillet 2007

Comme promis lors de mon récit de la Mini Solo voici quelques photos prises par David de Saqui depuis un bateau accompagnateur au départ de la course.

Mini Solo 1          Mini Solo 2

 

Mini Solo 3          Mini Solo 4

Elles me parviennent seulement maintenant d’où le délai… mais ça valait le coup!

PS pour les parents: Admirez sur la deuxième photo comme mes drisses sont bien rangées dans le sac à bouts… Bon d’accord, ce we je le change!