2ème étape: du Cap Vert au Pot au Noir

By Sophie

Voilà la suite. C’est un peu long mais il s’en passe des choses pendant une Transat… Tellement que je n’ai pas eu le temps de faire beaucoup de photos ou films mais lors de mon prochain post qui correspondra à une navigation plus calme il y en aura! 

Dimanche 14 Octobre

Le soleil est maintenant levé et un de ses rayons tombe directement sur mon safran tribord. Cela met en relief deux fissures, une sur chaque ferrure de safrans (ce sont les pièces qui tiennent le safran -partie immergée du gouvernail- au tableau arrière). Manuel, l’ancien propriétaire de Félibre avait justement cassé les siennes durant la dernière Transat et m’avait assurée avant le départ que celles là tiendraient le coup. Et pourtant voilà deux horribles fissures et vu leurs étendues il est certain que les ferrures vont se briser d’ici peu. Et je ne veux pas faire demi-tour et retourner au Cap Vert alors que je viens de le passer, que je suis dans un groupe sympa avec Sigrid et Mathieu, que j’ai enfin rattrapé Gaël. Et je ne veux plus d’ennuis. Je m’imagine déjà finir sur un safran, sauf que toute la suite de la course doit se faire bâbord amure (avec le vent venant de la gauche) donc le safran utile est le tribord, l’autre étant fréquemment hors de l’eau avec la gîte du bateau. Je suis désespérée et reste 30 min à la barre les yeux rivés sur le safran pensant le voir s’arracher à tout moment. Je n’ose même pas aller voir de plus près les fissures tellement je suis catastrophée.

Au bout d’une demi-heure je finis par me calmer et essaie de revoir les choses de manière plus objective. Pour le moment le safran est encore là et je dispose d’une ferrure de rechange, pas de deux. Il est peut-être temps d’examiner de près ces fameuses fissures pour voir à quel point c’est grave et estimer le temps dont je dispose. Et là stupeur et consternation, il n’y a pas l’ombre d’une fissure. En fait il y a de la rouille mais elle est là depuis longtemps et ce que je prenais pour des fissures était en fait les joints de soudure avec la rouille qui brillait au soleil. Il faut avouer que de loin ça ressemblait vraiment à des fissures mais au lieu de regarder ça calmement je me suis laissée submerger par le doute et la peur.

J’y vois au moins deux explications : d’abord je suis exténuée après la nuit blanche liée au passage du Cap Vert. Ensuite il y a le doute après toutes les casses de la première étape et du vérin et l’appréhension qui va avec au moment d’attaquer la « grande traversée ». En effet après le Cap Vert il n’y a plus de possibilité de retour en arrière car il est utopique avec une avarie sérieuse de remonter face au vent. Il ne reste donc plus qu’à avancer. Mais il n’est pas non plus évident de traverser le pot au noir et ses grains donc le plus simple est de continuer vers les Antilles dans l’alizé Nord, c’est pourquoi nous avions à bord une carte intitulée « Route du Rhum ». Bien entendu aller là-bas signifie être vraiment tout seul sans autre concurrent ou bateau accompagnateur et rime avec grosse galère pour le retour du bateau. En effet le cargo qui part de Salvador est payé (plus de 5000€) avant le départ de la Rochelle et n’est pas remboursé même si on n’arrive pas au Brésil. Dans l’hypothèse où l’on arriverait ailleurs il faudrait donc repayer un autre cargo, ce qui pour mon budget (sans sponsor) parait impossible. D’où une angoisse de la casse plus ou moins importante selon les moments, la météo, le moral etc.. qui ne disparaîtra définitivement qu’à 40 milles de l’arrivée, distance que j’estime faisable en zodiac !

Face à ces constats je me couche mais n’arrive pas à m’endormir. De toute façon il est 11h, l’heure de la vacation. Et les nouvelles ne sont guère rassurantes : Quentin Monegier a heurté un objet flottant non identifié, son bateau s’est littéralement ouvert, avant de couler il a déclenché sa balise de détresse et a été évacué, le bateau est perdu. Cela ne me rassure guère et nous rappelle à tous subitement que la course peut s’arrêter à n’importe quel moment, brutalement. Je retourne me coucher mais rien n’y fait je suis trop tendue pour dormir. Je me relève pour relire le mode d’emploi de ma balise de détresse m’imaginant dans la situation de Quentin, bateau rempli d’eau, de nuit. En vérité il y a un seul bouton et il suffit d’appuyer dessus. Je me recouche pour me relever quelques minutes plus tard voir combien j’ai de bouts (cordes) à couper pour libérer mon radeau solidement attaché. Puis je finis par sombrer dans le sommeil. A mon réveil tout va beaucoup mieux, je suis bien plus sereine.

La prochaine marque de parcours est l’île de Fernando de Noronha, à l’Ouest du Brésil, à 1600 milles, très loin donc. Gaël et moi faisons route vers ce point tandis que Sigrid et Mathieu sont un peu plus lofés pour mieux se préparer pour le pot au noir. En fait nous ne savons pas vraiment comment il se présente. Et il n’y a pas le moindre chapitre à ce sujet dans mon précieux grimoire de météorologie. Lors de la vacation radio on nous annonce la météo, en particulier les « trois points d’entrée du pot au noir » qui parfois se transforment en un. Et je ne sais pas du tout à quoi ça correspond. Sigrid qui a étudié un peu tout ça avant de partir nous explique que le pot au noir est sinusoïdal et que les trois points que l’on nous donne sont les creux de la sinusoïde et donc correspondent aux endroits où la zone dite de Convergence Intertropicale est la plus fine. C’est donc vers l’un de ces trois points qu’il faut se diriger pour traverser le plus rapidement possible le pot au noir. Et le choix d’un point parmi trois n’est pas trop dur car l’un est situé relativement près de l’Afrique, l’autre de l’autre côté de l’Atlantique, et le dernier au milieu, c’est celui qui nous intéresse. Et lorsque la météo ne donne plus qu’un point on imagine que la sinusoïde s’est transformée en droite mais c’est pure spéculation de ma part.

Mathieu et Sigrid font donc route vers ce point du milieu ce qui les empêche dans un premier temps de mettre le spi car ils sont trop près du vent. Gaël et moi cavalons sous petit spi, le vent monte progressivement. En fin d’après-midi ça devient un peu fort et il est plus sage d’affaler. Nous avons une longue discussion avec Gaël que je ne vois toujours pas, je l’entends simplement en VHF. Si nous continuons à faire route chacun de notre côté nous allons rapidement nous perdre car un écart de route d’un degré suffit à s’éloigner en quelques heures et ne plus être en portée VHF. Le passage au Cap Vert avait bien sûr eu l’effet inverse du genre entonnoir, ce qui nous avait permis de nous retrouver. Naviguer ensemble est bien agréable et nous permet de partager d’excellents moments et de nous remonter le moral quand le besoin s’en fait sentir. Cela permet également de discuter de choix stratégiques, comme nous avons pu le faire avec Sigrid et Mathieu, ou encore Pierrick et Thomas. Enfin dans le contexte de la journée (un bateau coulé) il n’est pas désagréable d’imaginer être secouru rapidement par l’autre plutôt que d’attendre durant de longues heures les secours, ou même un bateau accompagnateur dans le cas d’un démâtage par exemple. Nous faisons donc le choix de continuer ensemble la Transat, jusqu’à la ligne d’arrivée sauf avarie ralentissant sévèrement l’un d’entre nous. Et afin de se simplifier la tâche nous essayons de naviguer à vue ce qui permet de voir lorsque l’on s’écarte trop et nous offre également la possibilité de discuter par VHF en utilisant le mode faible portée moins gourmant en énergie. Du coup nos positions apparaissent superposées sur la carte du site internet.

Gaël affale donc son spi tandis que je continue afin de le rejoindre. Nous nous retrouvons en fin d’après-midi et discutons un bon moment par VHF de choses et d’autres, c’est bien agréable. Je suis vraiment heureuse de le retrouver, de revoir cette petite coque rouge (car bien sûr on ne voit pas nos têtes, on est trop loin). On n’entend plus Mathieu et Sigrid ce qui est normal puisqu’ils ne suivent pas exactement la même route.

On discute un peu de la stratégie de course et on réalise que suivre la direction de l’île de Fernando n’est pas la meilleure idée. En effet après le pot au noir il faut faire du près (serrer le vent au maximum) pour rejoindre les alizés du Sud et longer la côte du Brésil. Hors si l’on fait route directe maintenant on risque de se retrouver trop dans l’Ouest à la sortie du pot au noir et l’on redoute de ne plus réussir à passer Fernando en un bord. Hors tout contre-bord perpendiculaire à la route se traduirait par une perte de temps énorme. Il vaut donc mieux serrer un peu plus le vent maintenant, attendu que de toute façon nous ne pouvons pas utiliser les spis puisqu’il y a trop de vent. Nous renvoyons les génois.

Lundi 15 Octobre

Au petit matin le vent a faibli mais nous sommes trop lofés (proches du vent) pour pouvoir envoyer les spis. Nous croisons la route d’un cargo et je distingue très nettement un voilier juste devant. Je croyais Gaël ailleurs (durant la nuit il est difficile de suivre réellement la position d’un feu) mais l’appelle pour m’assurer qu’il a bien vu le cargo. A mon grand étonnement il m’assure ne pas être le bateau que je vois… qui est finalement Mathieu ! Et Sigrid est juste derrière Gaël. Nous revoilà tous les quatre alors que hier nous ne nous entendions plus du tout. En fait ils ont décidé d’abattre un peu car leur choix de route leur paraissait un peu trop extrême et comme de notre côté nous avons lofé profitant du renforcement du vent nous nous retrouvons. Sauf que Mathieu est maintenant devant alors qu’il était derrière.

En fait il possède un petit gennaker (vraiment petit) tandis que le mien est franchement grand. Et il arrive à le tenir alors que je ne peux pas (il y a trop de vent). Je déroule régulièrement mon gennaker, navigue quelques temps jusqu’à la première rafale, pars au tas, roule la voile, patiente et recommence, dans l’espoir que ça finisse par tenir. Gaël de son côté arrive malgré la taille de sa voile à la porter car son bateau est plus large et lui offre donc plus d’appuis. Sigrid est dans le même cas que moi et se morfond toute la journée, jugeant l’allure à laquelle nous sommes sans aucun intérêt, je partage son avis. Ce qui m’embête le plus dans l’histoire c’est que Gaël m’attend régulièrement, afin de ne pas me distancer. Ce qui lui vaut de perdre du terrain sur Mathieu. Je suis sincèrement désolée et passe la journée à me reprocher d’une part de ne pas pouvoir avancer plus vite (alors que clairement je n’y suis pour rien) et d’autre part de ralentir Gaël, nous n’aurions jamais dû décider de faire route ensemble. Mais il m’assure qu’on rattrapera Mathieu plus tard, surtout le long des côtes brésiliennes où le vent est censé être plus faible et où il sera handicapé par son petit gennaker tandis que nous foncerons avec nos grands !

J’en viens presque à espérer ne plus le voir ni l’entendre comme ça d’une part je ne serais plus devant le spectacle de son éloignement progressif ce qui me permettrait de l’oublier un peu et d’autre part je serais à nouveau seule avec Gaël et pourrais communiquer librement. En effet tant que les autres nous entendent nous ne pouvons pas discuter de la même manière de la stratégie car nous ne souhaitons pas forcément tout partager (c’est une course quand même !) et nous ne pouvons pas non plus discuter de choses et d’autres car nous allons les embêter.

Un oiseau vient me distraire de la monotonie de la journée. Il doit venir du Cap Vert car il est épuisé, met très longtemps à se poser après avoir longuement repéré le terrain. Il est également très maladroit, se prend dans la GV, la bastaque, l’aérien (girouette anémomètre, antenne VHF). Il est excessivement peureux et au moindre de mes mouvements il repart. Du coup je ne peux pas le photographier avant qu’il ne me quitte définitivement. Je crois qu’il a dû mourir d’épuisement le pauvre, après s’être trop éloigné des terres. Pourtant je l’imaginais bien rester avec moi, se nourrir de poissons volants échoués tandis que je lui donnerais de l’eau douce. Ca aurait pu être sympa d’avoir un copain oiseau.

Demain cela fera dix jours que je suis en mer, l’équivalent de ma qualification et pourtant tout un autre monde… J’avoue que je m’étais beaucoup plus fait plaisir durant ma qualif dont j’étais revenue rayonnante ce qui est loin d’être le cas maintenant.

Mardi 16 Octobre

Au petit matin je me décide à renvoyer une fois de plus le gennaker, persuadée que cette fois va être la bonne, le vent a molli. Comme la fois précédente je n’ai pas vraiment réussi à le rouler il est en vrac sur le pont et il s’agit de le hisser très vite en le jetant devant l’étai pour qu’il passe sous le vent au lieu de se gonfler dans le génois (Je suis bien consciente que les lecteurs non connaisseurs ne peuvent pas comprendre mais je vois d’ici Laurent qui se marre en imaginant la scène). Donc comme c’est un peu compliqué je redoute la manœuvre que j’ai repoussée au lever du jour. Grand moment de gloire solitaire, le gennaker est finalement hissé en tête de mât et je le regarde pour le border convenablement lorsque je vois un trou. Mais pas n’importe quel trou, non, un trou énorme, un trou béant, d’ailleurs ce n’est même plus un trou mais carrément un gouffre, une ouverture en fait, sur un mètre cinquante. Le truc irréparable pour le néophyte que je suis dans le domaine de la voilerie. J’ai bien sûr emmené avec moi de l’insigna pour réparer un éventuel accroc mais certainement pas pour refaire tout un bout de voile.

Pendant que je pense à tout ça, je ne perds pas une minute pour affaler avant que je ne me retrouve carrément avec deux moitiés de voile. Mais comme c’est quand même nettement plus drôle si tout se met à foirer en même temps il est impossible d’utiliser l’enrouleur. Je récupère donc toute la toile au vent, dans le génois. Je connais bien la manœuvre puisque avant la transat je n’avais pas d’enrouleur. L’astuce consiste, après avoir replié le bout-dehors au vent, à ramener le gros de la toile sur le pont afin qu’elle ne parte pas à l’eau et de récupérer à la fin ce qui reste, c’est-à-dire quelques dizaines de centimètres d’écoute (un des coins de la voile). Je tire donc sur la partie concernée du gennaker qui en a profité pour glisser discrètement sous la coque. Ca résiste. Je tire plus fort, c’est coincé. Coincé dans quoi puisque sous la coque à part la quille, et on est loin d’y être, il n’y a rien ? Quand je comprends je crois rêver, ou cauchemarder peu importe, je n’en crois pas mes yeux. L’étrave est passée dans la déchirure ce qui fait que j’ai maintenant un bout de voile à bâbord, un bout de voile à tribord le tout sous l’eau en train de glisser vers l’arrière du bateau qui bien sûr avance. Mais l’ouverture (très proche du fameux point d’écoute) ne va pas jusqu’au bord de la voile et justement ça serait vraiment chouette qu’elle n’y aille pas car sinon elle va endommager le renfort.

Je m’acharne pendant plusieurs minutes pour récupérer le gennaker en essayant de l’abîmer le moins possible mais au final j’ai quand même bien charcuté le pauvre renfort. Moi qui était si contente il y a cinq minutes de pouvoir enfin, après 24h à me faire distancer, envoyer mon gennaker, me voilà maintenant privée de cette voile censée me servir non seulement toute la journée, mais surtout durant les cinq derniers jours. Je suis effondrée, j’imagine déjà tout le monde en train de me doubler. Et je repense au prix de la voile que j’ai utilisée 20min avant d’arracher mon bout-dehors ( !) et deux heures sur la seconde étape. Et que je n’avais pas reçu à temps pour la Transgascogne. Elle est maudite. J’appelle Gaël en larmes pour lui annoncer qu’il peut continuer sans moi car cette fois c’est certain qu’on ne pourra plus naviguer à la même vitesse.

Sauf que Gaël est maître voilier et c’était sans compter sur son aide. En fait mis à part le renfort que j’ai amoché en remontant la voile il n’y a pas de déchirure, juste une ouverture. Une couture faite à moitié (la bobine de fil a dû toucher à sa fin au milieu de la laize) s’est défaite, il « suffit » donc de rincer la voile, la sécher, remettre des morceaux en face, les enduire de sikaflex (sorte de colle qui sert d’habitude à faire l’étanchéité), scotcher et laisser sécher 24h. Ce qui est loin, très loin, d’être aussi simple qu’il y paraît lorsque l’opération est réalisée dans un bateau qui bouge, qui est tout petit, où le seul endroit plan est le quart avant et où l’humidité ambiante est colossale. Pour le renfort il faut utiliser l’insigna en plus. Le seul souci c’est que je suis privée de gennaker pour la journée pour cause de séchage.

A 11h c’est l’heure de la vacation radio. Je sors comme tous les jours ma BLU de son tuperware et la pose quelques secondes à côté de la table à carte, le temps de saisir un crayon, puis file m’asseoir dans mon coin habituel. Le bateau change brutalement de cap et se met à faire n’importe quoi. Je ressors précipitamment et ne comprends pas, j’ai dû mal régler le pilote. Je le remets en route et revient à l’intérieur, c’est à nouveau le même bazar. Je retourne dans le cockpit, le compas du pilote automatique affiche n’importe quoi. Les chiffres changent alors que je maintiens un cap constat, pour la deuxième fois de la journée je crois rêver. Cette fois c’est le compas qui me lâche. Je suis bien embêtée mais pas désespérée car j’en ai un de secours. Puis tout à coup une phrase de Manuel la veille de ma toute première sortie en solo me revient : « Parfois la BLU détraque le compas ». Et pendant ces toutes petites secondes durant lesquelles j’ai attrapé un crayon j’ai posé la BLU dans sa house sur un coffre sous lequel est fixé le compas. Sauf qu’elle était peut-être en marche car il y a un système de mise en marche automatique à une certaine heure. Et c’est elle qui a vraisemblablement perturbé le compas. Là où je suis très surprise c’est qu’il met environ 30 min à se remettre de cette histoire. A croire qu’il attend exprès la fin de la vacation pour être bien sûr que je rate toute la vacation, c’est réussi ! Il y a des jours comme ça…

Dans l’après-midi le vent tourne et l’on peut désormais naviguer sous petit spi. Ca avance bien jusqu’au lendemain matin. Voici deux photos prises par Gaël ce mardi.

Sous petit spi          Sous petit spi, encore…

Mercredi 17 Octobre

Vers 8h Gaël m’appelle, la voix plutôt calme et posée et lâche : « J’ai perdu ma ferrure tribord je n’ai plus qu’un safran et je prends l’eau ». Je lui demande de me préciser un peu l’histoire et en fait c’est l’ensemble de la ferrure (système d’accroche du safran) qui s’est arraché du tableau arrière dans lequel il y a désormais un trou par lequel l’eau rentre, et comme plus rien ne retenait la ferrure elle a coulé. Avant de commencer à réfléchir à une quelconque solution j’affirme à Gaël qu’il va s’en sortir puisque de toute façon il n’y a pas d’autre possibilité et que je viens à sa rescousse immédiatement. Je suis obligée de lui faire répéter quatre fois sa position avant de réussir à la saisir dans mon GPS tellement je suis nerveuse et pressée. En fait l’entrée d’eau n’est pas catastrophique car le trou n’est pas entièrement sous l’eau, il est plutôt alternativement dedans et dehors au rythme des vagues, heureusement pas trop fortes aujourd’hui. Toutefois Gaël est obligé de vider régulièrement.

Je mets presque une heure à le rejoindre car pour une fois nous n’étions pas à vue l’un de l’autre et si quatre milles d’écart peuvent paraître insignifiants à terre où nos bateaux apparaissent superposés il faut une heure dans certains conditions pour les parcourir. D’autant plus que le vent mollit. Pendant ce temps nous discutons et mettons au point un plan de bataille. Il faut résoudre plusieurs problèmes : premièrement arrêter la voie d’eau ; ensuite remettre le safran en état de marche (Gaël n’en a pas de rechange) et dernièrement prévenir un bateau accompagnateur. Je m’occupe d’appeler Sigrid et Mathieu pour qu’ils fassent un relais vers Esprit d’Equipe puisque ma VHF émet mieux que celle de Gaël. C’est cocasse car Mathieu me capte sauf que je ne l’entends pas. En revanche j’entends Sigrid qui elle ne me reçoit pas mais reçoit Mathieu. Et Esprit d’Equipe n’entend que Mathieu qui heureusement les reçoit également. Les joies de la VHF… Ce qui donne : Je parle à la place de Gaël et m’adresse à Mathieu qui retransmet à Esprit d’Equipe qui lui demande des détails. Il répète leurs questions à Sigrid qui les répète à son tour sans m’entendre. Et je réponds à Mathieu qui finalement rapporte à Esprit d’Equipe mes propos. Pas mal hein ?!! Tout ça pour que finalement aucune information ne vous soit transmise sur le site internet, c’est regrettable.

Toutes ces communications étant quand même bien mauvaises dans le doute Gaël actionne le bouton vert de la balise qui signifie « J’ai un problème mais je le gère ». Et je reste à ses côtés ce qui explique notre position quasi identique ce jour là. Il faut donc maintenant arrêter la voie d’eau et là on connaît la combine grâce à Dominique, victime du même problème l’an dernier sur la course Les Sables – Les Açores suite à une collision avec un objet flottant entre deux eaux. A son retour il nous avait raconté comment il s’en était sorti et nous avions donc tous (du moins tous les copains de Méditerranée) embarqué de quoi faire comme lui. La technique c’est donc de découper avec l’aide de la scie à métaux obligatoire à bord une planche de contreplaqué pour en faire deux morceaux qui remplaceront le tableau arrière. Il faut ensuite les percer avec la chignole que tout ministe digne de ce nom possède puis les enduire de colle PPU totalement indispensable à bord de tout bateau. Ce produit carrément génial ressemble à n’importe quelle colle liquide mais fonctionne sous l’eau ce qui est formidable, et en plus en un temps record, en gonflant énormément. Du coup ça assure l’étanchéité quasiment instantanément et ça colle tout ce qui est bois. Il ne reste plus qu’à visser ou boulonner les plaques sur la partie intacte du tableau arrière ou sur elles-mêmes en sandwich. Gaël a opté pour les vis dans le tableau. Double intérêt de l’opération : ça arrête la voie d’eau et ça remplace le tableau arrière.

Il reste donc encore le problème de la ferrure à résoudre. En effet il est possible de naviguer sur un safran, même si c’est loin d’être idéal et aussi performant qu’avec deux, encore faut-il qu’il soit dans l’eau. Et la route du Cap Vert à Salvador de Bahia s’effectue bâbord amure, c’est-à-dire avec le vent venant de la gauche. Ce qui implique que le bateau penche vers la droite et donc comme l’arrière des minis et plus particulièrement du Mistral (le bateau de Gaël) est extrêmement large le safran bâbord sort beaucoup de l’eau tandis que le tribord est entièrement immergé. Et comme sinon ça ne serait pas drôle et on pourrait s’en tenir là, la ferrure perdue est bien sûr celle du safran tribord. Il est donc indispensable de trouver une solution. Et cette solution ne peut être qu’ici car devant et tribord amure la côte est franchement loin (Amérique du Nord) et derrière on ne peut atteindre le Cap Vert qu’en tirant des bords, ce qui est donc impossible avec un seul safran. Donc on se creuse les méninges et en l’absence de ferrure de secours la seule solution consiste à prendre la ferrure du safran bâbord (qui donc disparaît de la circulation) et à la remonter sur tribord. Ce qui prend un certain temps vu son emplacement au ras de l’eau très confortable pour travailler. Gaël achève l’opération avec le mal de mer mais l’on peut repartir.

Il est donc condamné à partir de ce jour à finir sur une patte et à ne virer sous aucun prétexte. Et accessoirement à ne plus perdre de ferrure, il vaudrait mieux que la réparation tienne le coup. Heureusement que nous avons décidé de rester ensemble car si jamais la réparation ne tenait pas je serais au moins là pour lui porter assistance, c’est déjà ça. Il faut savoir que les bateaux accompagnateurs n’ont pas vocation à remorquer des minis sur des milles. Ils peuvent aider à faire les travaux mais laissent ensuite le skipper se débrouiller.

A la vacation radio de ce jour Denis Hughes, le directeur de course, se moque un peu de nous en voyant nos positions si rapprochées, sans forcément déjà savoir que Gaël a eu une avarie. Ils plaisent en disant qu’on est toujours ensemble l’un sur l’autre ce qui est normal car de toute façon à la fin de la Transat on va se marier. Cela nous amuse bien et on se dit que le meilleur est sûrement à venir mais que pour le moment on déguste le pire, tout en se soutenant l’un l’autre !!

On repart en milieu d’après-midi sous petit spi, Gaël un peu inquiet de tester son nouveau système. Le handicap qu’il rencontre à n’avoir qu’un safran nous remet un peu au même niveau question performance pure du bateau. En effet au près cela ne change rien et nous avions déjà des performances similaires. En revanche il est obligé de calmer le jeu au travers et sous spi, allures auxquels mon bateau était défavorisé de part l’étroitesse de son tableau arrière et la petite taille de ses safrans. Je me dis qu’au moins je ne le ralentirai plus et qu’aujourd’hui c’est lui qui m’a retardée, je ne culpabilise plus. Il faudrait voir désormais non plus à se freiner mais plutôt à avancer !!

En fin d’après-midi on capte à nouveau très bien Sigrid et Mathieu qui sont empétolés depuis plusieurs heures, le safran de Gaël a choisi le bon moment pour casser, finalement on n’a pas perdu trop de temps. Encore plus incroyable, Mathieu parle avec Dominique qui était pourtant loin devant depuis longtemps. Il semblerait qu’ils soient tous pris dans le même trou de pétole.

Le ciel déjà chargé depuis un moment s’assombrit. Voilà trois jours qu’il est nuageux, avec parfois un peu de pluie sans modification du vent ; toutes les nuits nous voyons des tas d’éclairs dans tous les sens sans jamais entendre de tonnerre. Je les mets sur le compte de la chaleur, ayant souvent entendu l’expression « éclairs de chaleur ». Nous avons l’impression qu’ils sont très proches de nous et au début nous les redoutons. Ensuite comme il ne se passe rien de spécial à part un très beau spectacle d’une grande puissance (parfois les éclats de lumières me réveillent) nous ne nous inquiétons plus.

Le ciel devient maintenant très noir, un énorme nuage extrêmement sombre se dirige vers nous qui sommes toujours sous petit spi et GV haute. Je commence à me dire que nous allons nous faire mouiller lorsque je vois des éclairs dans le nuage. Puis subitement le vent se lève passant à plus de 25 nœuds d’un seul coup. Vu ma voilure je n’ai d’autre choix que de me mettre plein vent arrière en priant pour que le mât tienne. Je repense au petit Manu qui a démâté ce qui n’est pas pour me rassurer. Je suis désormais à plus de 12 nœuds alors que la mer est totalement plate, lissée par le vent, c’est à la fois magique et terriblement angoissant. Les éclairs illuminent le ciel tandis que le tonnerre retentit quasi simultanément, l’orage est sur moi. Là je suis complètement paniquée : il y a beaucoup trop de vent pour moi, il faudrait prendre au moins deux ris et affaler le spi. Le problème c’est que je ne peux pas lâcher la barre ou je suis sûre de partir au tas et je n’ose pas imaginer les conséquences. Je suis donc cramponnée, pensant que la foudre peut tomber sur le bateau d’un moment à l’autre, je suis littéralement au milieu des éclairs. Et ça me terrorise car malheureusement il n’y a absolument rien à faire à part attendre, et tenter de se réconforter à coup de statistiques. Il y a bien plus de chances de mourir en voiture que foudroyée au milieu de l’Atlantique, oui eh bien je m’en fous moi, ce que je vois c’est que pour le moment je ne suis pas en voiture mais en plein milieu d’un énorme orage. Et puis, même si je ne meurs pas, si la foudre tombe sur le bateau c’est la catastrophe. Mais alors la catastrophe absolue : tout l’électronique part en fumée, et là pour le coup c’est une certitude, c’est déjà arrivé à Bertrand de Pontual lors d’une mini solo au Cap d’Agde. Plus d’électronique cela signifie plus de GPS donc plus de position, plus de VHF donc impossibilité de communiquer pour expliquer son problème, plus de pilote, et avec un peu de chance plus de balise de détresse. Comme ça c’est la totale. Il ne reste plus que le sextant, et je réalise à ce moment précis que je n’ai pas de calculatrice à bord. Donc aucun moyen de calculer un cosinus ou un sinus, donc de connaître ma longitude, même avec un sextant. C’est le pompon. Il ne restera plus qu’à se diriger seule, sans pouvoir parler à personne, vers l’Ouest (à l’aide du soleil) jusqu’à toucher terre, voilà un programme hautement réjouissant.

Autour de moi les éclairs continuent de tomber et il pleut désormais à verse. Mais une pluie torrentielle, inimaginable, d’une puissance largement supérieure à n’importe quelle douche que j’ai pu essayer dans ma vie. L’eau me martèle tellement elle tombe fort, c’est douloureux. Je suis instantanément trempée, glacée, la grande voile est transformée en cascade. La visibilité est nulle, il fait complètement noir, on ne voit absolument rien à part des murs d’eau tandis que le vent continue de souffler à plein régime. Je réalise que je navigue vers l’Ouest ce qui n’était franchement pas l’objectif initial (Sud), je suis à 90° de la route, mais je ne peux rien faire d’autre du tout. Toujours terrifiée par tout ça je me rends également compte que je vais reperdre Gaël car à la vitesse à laquelle nous filons désormais sans nous voir dans une direction complètement aléatoire il y a peu de chance que nous nous retrouvions. De toute façon comme je vais être foudroyée et finir ma Transat quelque part aux Antilles sans électronique ça n’a plus guère d’importance. Je suis totalement paniquée.

Et subitement, aussi vite que ça avait commencé la pluie s’arrête, le vent mollit complètement. Je me jette ruisselante sur ma VHF pour appeler Gaël que je ne vois plus, je suis toujours en panique car les éclairs et le tonnerre sont toujours bien présent, et si la visibilité s’est momentanément améliorée cela me permet de distinguer d’autres nuages tout aussi noirs que le premier. Je ne reçois aucune réponse. Angoissée au possible de le savoir avec un seul safran dans cet enfer j’appelle Sigrid pour savoir où elle se trouve, si elle aussi est entourée de nuages noirs. Elle me répond calmement qu’elle aussi a traversé un énorme orage plus tôt dans la journée, qu’il me suffit de continuer un peu et je vais très certainement la rejoindre dans la zone de pétole qui se trouve de l’autre côté. L’orage constitue une sorte de barrière à traverser. Je lui parle de mon angoisse de la foudre et elle me confirme qu’il n’y a rien à faire à part croiser les doigts ; je n’aime pas m’en remettre au sort et au seul bon vouloir des éléments. Tout à coup un conseil de Dominique me revient. Il m’avait dit alors que je le questionnais à ce sujet à la Rochelle que pour protéger réellement un instrument il faut le mettre dans une cage de Faraday. Une idée judicieuse consiste donc à emballer son GPS portable de secours dans du papier alu ou à le placer dans une casserole ou la bouilloire pour le préserver. Pas de chance ma bouilloire ne s’ouvre pas et j’ai donné ma grande casserole à Gaël à Madère car il avait perdu la sienne. Bien sûr le GPS ne rentre pas dans la petite et je n’ai pas embarqué avec moi un rouleau de papier alu. Heureusement dans ces cas là on est créatif et croyez moi j’étais motivée. Cela donne donc une scène surréaliste où une Sophie totalement hagarde, trempée et dégoulinante ouvre frénétiquement l’ensemble de ses plaquettes de chocolat suisse (merci Bé) restantes afin d’emballer immédiatement le GPS portable. Un grand moment de cette Transat…. Evidemment je n’ai pas mangé les trois tablettes d’un coup et il a fallu être très vigilante pour ne pas que toute la caisse de nourriture soit recouverte de chocolat fondu !

Je me sèche avec une serviette comme en sortant de la douche, jette tous mes habits transformés en éponge dans un équipet et enfile mon ciré en sous-vêtements car il fait chaud ! Il ne s’agit pas de traîner car le grain suivant n’est plus très loin. Gaël est en fait assez proche car il est entré et sorti du grain à peu près en même temps que moi. Il tente de me rassurer mais rien n’y fait.

Je prends directement deux ris et c’est reparti pour un tour avec toujours le même programme de lavage sans essorage mais avec baston. Je suis à nouveau obligée de me mettre plein vent arrière donc cap à l’Ouest, le vent est fort, la visibilité nulle, la pluie violente et les éclairs partout, secondés par le tonnerre. Et je suis à peine moins inquiète que la première fois, n’étant pas certaine que l’épaisseur du papier alu du chocolat suffira à protéger mon cher GPS contre la foudre.

Puis ça se calme à nouveau, je regarde l’heure, les deux grains sont passés en à peine plus d’une heure, une heure d’enfer. Je me dis que ça ne va pas être possible de supporter ça très longtemps et pourtant il faut faire avec. Ca ne m’amuse pas du tout, je suis blême. L’horizon se dégage à peine que l’on aperçoit d’autres grains à venir, on est au milieu d’une cuvette bleu entourée de noir, parsemée d’éclair. Ca ressemble assez aux représentations cinématographiques de l’enfer. Il ne manque que les flammes mais je n’y tiens pas tellement. Je décide cette fois d’affaler le spi avant qu’un grain ne finisse par me faire démâter. Sous génois c’est beaucoup mieux car on peut choisir un peu plus sa direction, c’est quand même regrettable de faire des milles perpendiculairement à la route, autant profiter de ce cauchemar pour avancer vers la ligne d’arrivée.

On prend encore un grain, un peu moins violent puis la nuit tombe tandis que nous sommes empétolés. Nous décidons avec Gaël de faire des quarts de veille afin de surveiller les grains et de ne pas se faire surprendre en plein sommeil. Bien trop stressée pour dormir je prends le premier quart. Et là, la question évidente : « Comment repère t-on un grain la nuit puisqu’on ne voit plus le noir ? ». Il y a encore des éclairs, beaucoup moins mais un peu partout. Nous laissons tomber l’idée des quarts puisqu’on ne voit rien. Je choisis de dormir dehors, en ciré, de façon à être prête à la première rafale ou la première goutte d’eau. Bien sûr je m’attache pour être sûr de ne pas tomber pendant mon sommeil. Plusieurs heures passent, j’avance tranquillement, rien dans le ciel ne bouge. Lassée je vais dormir à l’intérieur et ressors régulièrement surveiller, des fois que quelque chose de spectaculaire se produirait. Pour le moment il n’y a rien à signaler à part que ma bosse de second ris a trouvé le moyen de sortir de son taquet alors qu’il y avait un nœud de huit et elle est maintenant entrée dans la bôme, la bonne blague. Je commence à réfléchir à une solution pour la sortir car il est évident que je vais encore en avoir besoin. Toutefois je préfère attendre que le jour se lève pour vérifier qu’il n’y a aucun grain susceptible de me tomber dessus à peine j’aurai entamé les réparations et aurai les deux mains prises. On ne sait jamais, ce coin a l’air assez traître, le diable habite d’ailleurs en enfer non ?

Et avant la fin de la nuit on rencontre effectivement un autre grain, beaucoup moins puissant, avec du vent plus raisonnable et une pluie de courte durée.

Au lever du jour le spectacle est magnifique et le sentiment de bonheur qui m’emplit à ce moment là est intense. Devant nous le ciel est entièrement bleu, un beau bleu limpide avec juste quelques petits nuages tout blancs bien sympathiques, du même genre que ceux qui nous accompagnent depuis le début dans les alizés. Le vent est établi au Sud-est ce qui correspond exactement au fameux alizé du Sud. Derrière nous en revanche, et encore un peu sous notre vent (plus à l’Ouest) le ciel est d’un noir terrifiant qui ne donne qu’une envie : fuir ! Là pour moi tout s’éclaire et tout est clair : nous venons de traverser le pot au noir, devant nous ce sont les alizés, il faut désormais foncer droit devant le plus vite possible pour mettre le plus de distance possible entre nous et cet enfer que je n’ai aucune envie de revivre et qui a l’affreuse capacité de se mouvoir. C’est merveilleux, en une nuit nous nous sommes débarrassés du Pot au Noir que certains mettent parfois trois ou quatre jours à traverser. C’est le bonheur, dans dix jours nous sommes arrivés il reste 1200 milles (je crois) et plus aucun obstacle majeur, bref, je suis heureuse, je retrouve le sourire et la parole, c’est formidable.

4 réponses vers «2ème étape: du Cap Vert au Pot au Noir»

  1. renaud dit :

    La peche ca existe comme sport, mais ca se pratique avec des filets ou une cane, il faudrait voir a arreter de mettre ses voiles à l’eau mademoiselle…
    Et puis le coup on reste l’un sur l’autre seuls pour pas que les autres puissent suivre vos stratégies, je doute que de doute facon ils y comprennent quoi que ce soit à vos stratégies du style je lache une ferrure ou encore je peche au gros en Atlantique avec un gennaker. Enfin bon bien essayé quand même l’escapade en amoureux au milieu du poteau noir, c’est vrai que les diners en tête à tête c’est surfait…

  2. fromageat gerard dit :

    je crois que Renaud a tout compris à vos foutues tactiques, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? le must maintenant c’est d’aller se faire rincer par 3000m de fond en se drapant dans une voile!

  3. danièle retif dit :

    Sur le site et au vu de votre passage sans vous arrêter au cap vert on se disait c’est OK ça va pour eux. Les craintes ont refaits surface les 16 et 17 octobre en voyant Gaël faire demi tour et vos deux trajectoires se rejoindrent. Evidement les commentaires allaient bon train ici aussi quand on ne pouvait plus dissocier vos bateaux. Quelque part heureusement que l’on n’a pas eu les informations en direct, telles que tu les décrits, on serait déjà morts ! de peur et d’impuissance

  4. Christian dit :

    Merci pour ta (longue) réponse à mon post de hier … c’est chouette de bosser sur la B2B car tu vas certainement croiser quelques belles figures de la course au large (bien le bonjour à Jean Le Cam que j’adore !). C’est d’autant plus sympa de prendre le temps d’écrire que tes journées sont super occupées ! En tout cas, c’est toujours avec plaisir que je lis le récit de tes/vos aventures transatlantiques … je me suis surpris à rire derrière mon écran alors que manifestement, la situation décrite n’avait rien de très drôle ! Mais quelle sacrée leçon !!! Essaie/essayez quand même de bien en profiter à Bahia (ici, la situation est anticyclonique et ça caille !) A bientôt. Christian

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