La boucle est bouclée

By Sophie

Ca y est Félibre est de retour à Port-Camargue après un long périple de six mois en Atlantique, commencé en Juillet pour la Transgascogne et achevé vendredi dernier. Début Novembre à Salvador de Bahia nous avions préparé les bateaux pour leur retour en cargo. Les Bretons (ou du moins ceux qui préféraient arriver côté Atlantique) se partageaient un cargo tandis que les Méditerranéens comme moi, beaucoup moins nombreux (8 au total), voyageaient sur flat rack. Un flat rack c’est un genre de fond de container (il y a aussi la face avant et arrière mais pas les côtés ni le dessus). Ca peut bien sûr s’emboiter sur les autres containers de 40 pieds, c’est d’ailleurs le but. On charge deux minis par flat rack. Ensuite un porte-container les embarque pour les ammener à Fos/mer.

Yamm et le Roi du Matelas sur le flat rack     Flat rack sur remorque     Félibre et Okoumé sur flat rack

Au départ il était prévu que le porte-container arrive début Décembre, avant le cargo breton, c’est pourquoi nous avions gruté nos bateaux en premier au Brésil. Mais aucun porte-container ne voulait de nos bateaux (qui dépassent en hauteur et largeur du flat rack), préférant les containers classiques moins contraignants. Du coup nos minis sont partis pour Santos, au Sud du Brésil où ils ont enfin trouvé un transporteur. Vendredi nous avions donc rendez-vous à 13h30 au terminal container de Fos pour les récupérer.
Première bonne nouvelle Félibre était impeccable, pas de coups, de vandalisme, de vol durant les deux mois de transit. Il était tout propre aussi vu ce qu’il pleuvait! La mauvaise nouvelle (parce qu’il y en a toujours une lorsqu’il s’agit de grutage et de transport) c’est que les bers étaient soudés au flat rack pour éviter durant le transport qu’ils ne bougent. Sauf que personne ne nous avait prévenus et que les dockers faisaient mine d’être surpris. Et bien sûr ils ont pris tout leur temps, changé trois fois de grue, avant de débarquer d’abord les flat rack de leurs supports puis les bateaux des bers pour les charger sur nos remorques de route. Et ils sont partis en week-end à 16h15 nous plantant là sans nos bers, toujours soudés. Bertrand ayant fait un scandale a obtenu que son ber soit libéré grâce à une disqueuse thermique (car il n’y a pas de courant sur place) mais en guise de libération ça a plutôt été un carnage. Et l’ouvrier n’a pas jugé bon de faire le mien ni celui de Gaël.  A l’heure actuelle les bers sont toujours sur place, soudés…

Grue trop petite          Grande grue

Okoumé sous la grande grue          Okoumé au dessus de la remorque

Ensuite il a fallu transporter les bateaux sur les remorques de Fos à Port Camargue. Bien entendu les bateaux sont trop larges et trop lourds pour circuler librement. J’ai donc demandé à la DDE des Bouches du Rhône une autorisation de circuler avec un convoi exceptionnel de 1ère catégorie, attestation valable 5 ans. Il faut aussi un gyrophare et un panneau de convoi exceptionnel. Ensuite à chacun de respecter les itinéraires autorisés, la carte étant vendue avec l’attestation. Bien sûr les routes de la Camargue n’en font pas partie mais raccourcissent considérablement le trajet! Reste qu’il faut normalement un permis E pour tracter une remorque. Sauf si le poids à vide du véhicule tracteur dépasse celui de la remorque chargée et que l’ensemble chargé fait moins de 3,5t. Avec 350kg de remorque, 1000kg de bateau ça laissait quelques perspectives pour la voiture. Mais aucune agence de location ne loue de véhicule avec attelage (et assurance) dans la région. Ce qui donne au final un transport de nuit, sous la pluie, avec un vent terrible, en R19 sur la routes de la Camargue. Bien sûr il a fallu faire deux allers-retours pour amener les deux remorques à Fos (celle de Gaël et la mienne puisque nous n’avons qu’un véhicule) puis deux allers retours pour emmener les bateaux! Fin des hostilités à minuit et demi vendredi soir sous un orage déversant des litres d’eau et des éclairs. Ce n’est pas le pot au noir mais ça s’en rapproche!

En tout cas je suis bien contente que tout cela soit réglé (à part les bers) parce que ça a été source de grosses inquiétudes, tant au niveau de l’état du bateau ou du prix du cargo (5700€) qu’au sujet de son transport jusqu’à Port-Camargue.

Prochaine étape, négocier le prix de la place de port à Port-Camargue qui a décidé de se débarasser des ministes en commençant par augmenter ses tarifs et en annulant toutes les courses normalement organisées par le club (exit Mini Med, Mini Lions, Mini Max et Mini Solo).

2 réponses vers «La boucle est bouclée»

  1. Christian dit :

    On aurait presque envie de dire “tout est bien qui fini bien” … mais comme tu l’as dit, il y a toujours un grain de sable quelque part. Le pire étant peut-être de voir à quel point ceux qui sont étrangers à notre sport (et passion !) font preuve d’aucune solidarité … Pour ce qui est de Port Camargue, je reste un peu sur le c… car le gestionnaire de Port Camargue me semble être pas mal impliqué dans la course au large (mini, classe 950, accueil du 60 pied Bel) et que la mini véhicule quand même une image “attractive”. C’est dur de voir qu’après avoir bataillé pour être au départ, puis batailler pour faire la course, puis batailler pour rapporter le bateau il faille encore batailler pour garder le bateau. Comme disait Tabarly, “la mer, c’est ce que les Français ont dans le dos quand ils vont à la plage” (ou un truc du genre). Il y a de quoi attraper le dégout et revenir aux courses d’Optimist (pour le rester … optimiste !). Christian

  2. vivien dit :

    Hello,

    Ton site est super interessant, je ne savais apas comment pouvait se passer le retour du bateau, et je n’imaginais pas que ca pouvait etre autant galere !
    Heureusement que tout avait bien fini !
    Sinon, et bien tres heureux de t’avoir rencontré a Punta Arenas, j’espere que ton retour s’est bien passé, de mon coté, je pars pr les 8 jours ds le torres demain, ca va etre l’aventure !
    A bientot

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