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Le ponton B part à la dérive…

Mercredi 13 février 2008

Samedi dernier avait lieu l’assemblée générale du club de Port Carmargue. C’était l’occasion pour moi d’éclaircir toutes les rumeurs sur les conventions minis, de rencontrer les dirigeants et les adhérents du club ainsi que les responsables du port, et de faire un peu le point sur l’ambiance générale.

Depuis plusieurs années les coureurs ministes profitaient d’une convention signée avec le port qui permettait de disposer d’une place au fameux ponton B à un tarif réduit d’environ 600€ par an, prix qui comprenait également un certain nombre de grutages. En échange le propriétaire du mini s’engageait à adhérer au club, à y prendre sa licence et bien sûr à participer à des courses. Comme Port Camargue organisait la quasi-totalité des courses de mini en Méditerranée il y avait beaucoup de bateaux au ponton B et une excellente ambiance. Ce ponton c’était un peu notre maison à tous. On y encourageait ceux qui partaient en qualif, félicitait ceux qui en revenaient, on bricolait ensemble, bref j’en garde de très bons souvenirs. Et malheureusement il semblerait que tout ça ne vive plus que dans nos souvenirs…

En effet le comité directeur du club de Port Camargue ne veut plus organiser de course pour les ministes. J’ai découvert samedi que cela venait entre autres d’un différent avec Antoine Grau, le président de la classe suite à ce qui est à mes yeux un malentendu. Du côté de la classe le club de Port Camargue n’est pas non plus tenu en haute estime, il semblerait que ça soit la guerre froide… La première répercussion de cette affaire se constate immédiatement dans le calendrier de la classe. Aucune course au départ de Port Camargue, plus de Mini Max, Mini Lions, Mini Solo ou Mini Med. Une seule course confirmée en Méditerranée française, deux en attente de validation. Le deuxième effet est la suppression pure et simple de toute forme de convention. On nous propose donc désormais une place au tarif normal c’est à dire à 1750€. Il va sans dire que chacun cherche une autre solution, certains ayant déjà choisi de partir en Atlantique. D’où il résulte une dispersion générale des ministes, sur le thème “chacun sauve sa peau, advienne que pourra”. L’ambiance qui allait avec le ponton part également en fumée. Ce qui est vraiment dommage car le mini sans l’ambiance qui va avec, sans les copains, sans le fameux “esprit mini” c’est beaucoup moins sympa.

La rupture semblant être définitivement consommée entre Port Camargue (ou du moins ses dirigeants) et les ministes je ne vois moi non plus guère l’intérêt de payer si cher ma place au ponton, sachant que le bateau est en vente et que sans course il n’y a aucune raison d’être à Port Camargue plutôt qu’ailleurs. Ma première priorité est donc de trouver une solution pour Félibre. Et il est à craindre que ce dernier finisse dans un service de gardiennage de caravanes et bateaux. Ce qui ne m’empêchera pas de naviguer si je ne l’ai pas vendu d’ici là puisque les ports offrent une franchise d’une dizaine de jours avant et après chaque course. Certes cette solution ne convient pas à quelqu’un qui souhaiterait s’entraîner régulièrement mais ce n’est pas mon cas.

Je vois ensuite un deuxième problème à régler, moins urgent mais bien plus important, relancer un nouveau “pôle” mini ailleurs, dans un autre port, sur un autre ponton, dans un club qui voudra bien de nous, qui pensera à mentionner nos résultats dans son bilan, qui voudra profiter des prologues pour faire naviguer ses membres sur des minis, qui organisera une soirée d’échange et de partage, avec projection de film et de photos sur la Transat au retour des skippers, qui comprendra qu’on a aussi des choses à offrir. Quand on voit l’enthousiasme du club de Port Bourgenay, la gentillesse et la disponibilité de ses membres, on a envie de vivre ça aussi en Méditerranée. On est sur une piste et on en saura plus fin Mars, d’ici là je continuerai à ressasser les merveilleux souvenirs du ponton B et à repenser à toutes les rencontres que j’ai pu y faire…

La boucle est bouclée

Mardi 15 janvier 2008

Ca y est Félibre est de retour à Port-Camargue après un long périple de six mois en Atlantique, commencé en Juillet pour la Transgascogne et achevé vendredi dernier. Début Novembre à Salvador de Bahia nous avions préparé les bateaux pour leur retour en cargo. Les Bretons (ou du moins ceux qui préféraient arriver côté Atlantique) se partageaient un cargo tandis que les Méditerranéens comme moi, beaucoup moins nombreux (8 au total), voyageaient sur flat rack. Un flat rack c’est un genre de fond de container (il y a aussi la face avant et arrière mais pas les côtés ni le dessus). Ca peut bien sûr s’emboiter sur les autres containers de 40 pieds, c’est d’ailleurs le but. On charge deux minis par flat rack. Ensuite un porte-container les embarque pour les ammener à Fos/mer.

Yamm et le Roi du Matelas sur le flat rack     Flat rack sur remorque     Félibre et Okoumé sur flat rack

Au départ il était prévu que le porte-container arrive début Décembre, avant le cargo breton, c’est pourquoi nous avions gruté nos bateaux en premier au Brésil. Mais aucun porte-container ne voulait de nos bateaux (qui dépassent en hauteur et largeur du flat rack), préférant les containers classiques moins contraignants. Du coup nos minis sont partis pour Santos, au Sud du Brésil où ils ont enfin trouvé un transporteur. Vendredi nous avions donc rendez-vous à 13h30 au terminal container de Fos pour les récupérer.
Première bonne nouvelle Félibre était impeccable, pas de coups, de vandalisme, de vol durant les deux mois de transit. Il était tout propre aussi vu ce qu’il pleuvait! La mauvaise nouvelle (parce qu’il y en a toujours une lorsqu’il s’agit de grutage et de transport) c’est que les bers étaient soudés au flat rack pour éviter durant le transport qu’ils ne bougent. Sauf que personne ne nous avait prévenus et que les dockers faisaient mine d’être surpris. Et bien sûr ils ont pris tout leur temps, changé trois fois de grue, avant de débarquer d’abord les flat rack de leurs supports puis les bateaux des bers pour les charger sur nos remorques de route. Et ils sont partis en week-end à 16h15 nous plantant là sans nos bers, toujours soudés. Bertrand ayant fait un scandale a obtenu que son ber soit libéré grâce à une disqueuse thermique (car il n’y a pas de courant sur place) mais en guise de libération ça a plutôt été un carnage. Et l’ouvrier n’a pas jugé bon de faire le mien ni celui de Gaël.  A l’heure actuelle les bers sont toujours sur place, soudés…

Grue trop petite          Grande grue

Okoumé sous la grande grue          Okoumé au dessus de la remorque

Ensuite il a fallu transporter les bateaux sur les remorques de Fos à Port Camargue. Bien entendu les bateaux sont trop larges et trop lourds pour circuler librement. J’ai donc demandé à la DDE des Bouches du Rhône une autorisation de circuler avec un convoi exceptionnel de 1ère catégorie, attestation valable 5 ans. Il faut aussi un gyrophare et un panneau de convoi exceptionnel. Ensuite à chacun de respecter les itinéraires autorisés, la carte étant vendue avec l’attestation. Bien sûr les routes de la Camargue n’en font pas partie mais raccourcissent considérablement le trajet! Reste qu’il faut normalement un permis E pour tracter une remorque. Sauf si le poids à vide du véhicule tracteur dépasse celui de la remorque chargée et que l’ensemble chargé fait moins de 3,5t. Avec 350kg de remorque, 1000kg de bateau ça laissait quelques perspectives pour la voiture. Mais aucune agence de location ne loue de véhicule avec attelage (et assurance) dans la région. Ce qui donne au final un transport de nuit, sous la pluie, avec un vent terrible, en R19 sur la routes de la Camargue. Bien sûr il a fallu faire deux allers-retours pour amener les deux remorques à Fos (celle de Gaël et la mienne puisque nous n’avons qu’un véhicule) puis deux allers retours pour emmener les bateaux! Fin des hostilités à minuit et demi vendredi soir sous un orage déversant des litres d’eau et des éclairs. Ce n’est pas le pot au noir mais ça s’en rapproche!

En tout cas je suis bien contente que tout cela soit réglé (à part les bers) parce que ça a été source de grosses inquiétudes, tant au niveau de l’état du bateau ou du prix du cargo (5700€) qu’au sujet de son transport jusqu’à Port-Camargue.

Prochaine étape, négocier le prix de la place de port à Port-Camargue qui a décidé de se débarasser des ministes en commençant par augmenter ses tarifs et en annulant toutes les courses normalement organisées par le club (exit Mini Med, Mini Lions, Mini Max et Mini Solo).

Félibre dans Voiles et Voiliers

Mercredi 9 janvier 2008

Félibre est en photo dans le dernier numéro (n°443 de Janvier) de Voiles et Voiliers en illustration d’un article annonçant la création d’une Transat tous les ans à partir de 2009, page 26 si je ne me trompe pas, en tout cas c’est dans les premières pages qui traitent de l’actualité. La photo est en haut à gauche, je suis sous spi (bleu électrique). Elle a été prise durant la première étape de la Transat par Amandine Crau.

Voiles et Voiliers n°443

Pour ceux qui s’en souviennent Amandine m’avait aussi prise en photo à l’arrivée de la première étape à Madère. Elle se présentait alors comme travaillant pour Voiles et Voiliers. Naïvement je lui avais demandé de me donner une des photos de l’arrivée pour la mettre sur mon blog et surtout vous faire partager ces moments. Refus franchement sec et hautain “je n’ai pas pour habitude de donner mes photos”. J’insiste car je sais que mes parents voudraient bien voir ma tête après cette première étape riche en émotion et propose même de payer. Elle m’envoie balader, prétextant qu’elle n’a pas son PC avec elle, je suis outrée mais apparamment il n’y a rien à faire. Je suis d’autant plus déçue que Gaël était resté à terre faire un film la voyant partir sur le zodiac.

A Salvador je la vois dans la salle informatique avec son PC et je décide de retenter ma chance. Cette fois elle est d’accord pour me les vendre 50 euros (il y en a plusieurs et certaines sont très belles) à condition que je ne les utilise pas autrement qu’avec mon entourage. Je paie, respecte cette clause à contre coeur et oublie toute cette histoire jusqu’à ce que je découvre la photo dans Voiles et Voiliers. Comme je suis quand même scandalisée j’appelle Voiles et Voiliers, je découvre qu’Amandine n’est pas employée chez eux, qu’elle a couvert la Mini à ses frais et que Voiles et Voiliers a acheté ensuite photos et articles. Donc ils ne sont pas responsable de son attitude. Et ajoutent que si je suis en course c’est que je cède mon droit à l’image ce qui là encore est un peu fort car en effet on signe un papier dans ce sens mais pour GPO et le photographe de GPO, pas pour Voiles et Voiliers. Je dois ajouter néanmoins que les gens chez Voiles et Voiliers ont été charmants et désolés de l’attitude d’Amandine et m’ont proposé de m’envoyer quelques magazines gratuitement.

Par ailleurs dans ce même numéro il y a un article sur la Transat et surtout un article sur les mésaventures d’Adrien Hardy avec des explications concernant son remâtage.

PS: Dès demain je vais mettre en ligne les photos d’Amandine parce que c’est quand même incroyable de voir cette image dans Voiles et Voiliers et de ne pas être autorisée à la mettre sur mon blog.

Bonne année!

Vendredi 4 janvier 2008

Je vous souhaite à tous une excellente année 2008 dans la joie et la bonne humeur, avec de beaux projets à réaliser, et pour les marins de grands surfs ensoleillés.

En ce qui me concerne 2008 devrait être plus calme que 2007 qui fut pleine de rebondissements. En effet il y a un an ma participation à la Transat paraissait fortement compromise à cause des problèmes de liste d’attente. De Janvier à Juin j’ai donc espéré, ne sachant pas vraiment que faire, que prévoir, n’osant pas encore acheter tout le matériel de peur d’être endettée pour rien. J’ai préparé quand même Félibre en effectuant moi-même certains travaux notamment sur la carène et le circuit électrique durant les longs week-ends de Mai. Je me suis aussi entraînée en participant à la Mini Solo dans des conditions éprouvantes mais qui relevaient de la promenade de santé à côté de celles de la Transgascogne! Heureusement il y a eu la Mini Lions pour se faire plaisir et en Juin l’excellente nouvelle de mon inscription définitive à la Transat. Cette fois il a fallu commander dans l’urgence voiles neuves et cartes marines avant de plonger dans l’aventure en Septembre. Autant dire que je n’ai pas vu passer l’année.

2007 a également été l’année de naissance de ce blog que je vais tâcher de continuer à faire vivre, sans doute moins intensément puisque le programme s’allège, mais il y aura encore certainement des navigations et des histoires à raconter!

Joyeux Noël

Vendredi 21 décembre 2007

Tout est dans le titre, joyeux Noël à vous tous, je sais que vous êtes finalement assez nombreux cachés derrière vos écrans à lire discrètement mon récit…

Pour ma part j’ai attendu Noël  pendant des jours, bien que ça ne soit habituellement pas ma période favorite de l’année. Durant la Transat j’ai très souvent pensé à ce moment où j’allais enfin retrouver ma famille, notamment mes grands-parents que je n’ai malheureusement pas pu voir depuis un an pour cause de préparation de mini. Je vais aussi revoir un peu mes montagnes ce qui n’est pas pour me déplaire car contrairement à ce qu’on pourrait penser je ne suis pas toujours tournée vers la mer.

Enfin j’ai un petit cadeau pour vous faire patienter jusqu’à l’année prochaine, soyons honnête il n’est pas moi! Il s’agit du film de la Transat de David Sineau, 2ème de la Transat en proto sur son Bretagne Lapins, que vous trouverez ici. La qualité n’est pas très bonne mais le contenu est génial, particulièrement la deuxième moitié. Moi ce que j’ai apprécié dans cette vidéo c’est que l’on y trouve les bons et les mauvais moments et l’on découvre que même les pros, les supers bons, ont des moments de faiblesse, de doute, de casse, d’erreur de manoeuvre, de désespoir. Bref, toutes proportions gardées, ils sont “comme nous”, humains. Vous y retrouverez donc les supers conditions avant les Canaries, la baisse de régime générale juste après (on a tous nos limites, il mollit pendant quelques heures, moi pendant une journée…), la chaleur, le Pot au Noir avec cette image que je conserverai toute ma vie du rideau noir juste derrière avec le ciel si bleu devant, la déception quand on croit en être sorti alors que ça repart pour un tour, les litres d’eau qui s’abattent sur nous dedans, le drame de l’explosion de gennaker et la frustration que ça entraîne (que j’ai bien connue avec le coup du gennaker mais aussi du bout dehors à la première étape), les charmes du chalutage, les joies des oiseaux visiteurs, les mains totalement blanches à cause de l’humidité, le stress des cargos, bref, vous y retrouverez toutes les Transat, si différentes et si semblables… Merci David pour ce témoignage vraiment sympa.

Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer ci-dessous une mère Noël brésilienne, début Novembre dans un immense centre commercial. Arrivant de la Transat, avec une température de 30°, en Novembre, ça a été un peu le choc! Et là-bas ce sont les filles qui s’y collent, en jupe et T-Shirt rouge. Pour la barbe blanche on repassera!

Mère Noël

Un grand merci

Lundi 17 septembre 2007

Un dernier post avant le départ, finalement avancé à demain matin ce qui ne m’aura pas permis de mettre en ligne tous les préparatifs. Je tâcherai de me rattraper à Madère.

Je voulais juste vous dire avant de partir un grand merci pour votre soutien à tous. Merci à mes parents et mon frère pour leur présence et leur soutien, tant moral que pratique ainsi qu’à toute la famille. Merci à Isabelle pour son aide toujours précieuse, en particulier aujourd’hui avec le problème de la remorque et son chouette post, à Laurent qui a accompli un excellent travail de préparateur le samedi qui m’a permis d’être prête à temps et à tous ceux qui sont passés ou ont appelé, qui ont laissé des messages sur ce blog ou sur le site de la Transat…

Voilà ça fait un peu discours de sortie mais je dois dire que je suis extrêmement touchée par tout ce soutien, ça donne de drôles de sensations. J’ai l’impression d’être un arc en ciel, partagée entre tout ce bonheur et l’impression d’abandonner tout le monde et de les rendre bien inquiet. A vous tous donc, dormez tranquilles, la météo est plutôt clémente et je serai prudente, c’est promis. J’y vais pour m’amuser, pour découvrir tout ça, pour donner le meilleur de moi-même mais pas pour gagner ou risquer quoi que ce soit de dangereux.

Soyez sage en mon absence, pensez que vous aurez plus de nouvelles de moi (via le site) que moi de vous, donc pas d’imprévu de votre part.

A bientôt, je vous laisse aux mains d’Isa.

Sophie, sur le départ !

Lundi 17 septembre 2007

Maintenant que Sophie va être en mer, je prends le relais pour essayer de vous faire vivre au mieux la Mini Transat. Bon certes, rien ne peut remplacer les impressions de Sophie, moi je vais juste aller glaner des infos par-ci par-là pour continuer à faire vivre ce blog, mettre en ligne les photos des parents et amis prises avant le départ…etc…

En attendant, je vais vous raconter mon passage à La Rochelle. Je suis arrivée vendredi pour aller au moins boire un verre à la fameuse soirée des 30 ans… Comme j’avais ouïe dire que tout le gratin de la voile serait présent, il fallait y être ! Avec Sophie et Gaël bien sûr ! Et bien oui ils étaient là les grands noms, heureux de se retrouver pour parler des bons vieux moments :  Isabelle Autissier, Catherine Chabaud - formant un beau couple de danseurs avec VDH -, Anne Liardet, Yves Parlier, Halvard Mabire, Gilles Chiorri, Lionel Lemonchois, Yannick Bestaven, Jacques Caraës… etc…  La fête avait lieu dans un grand hangar avec orchestre et bière à volonté, devant la porte d’entrée en déco le Mini N°1 à bâbord et le 624 (si j’ai bonne mémoire…) à tribord, l’un des derniers protos. Les avancées technologiques sont flagrantes en 30 ans mais je vous fais grâce de tous ces détails…

Samedi je suis revenue sur les pontons au cas où je pourrais être utile. Depuis quelques jours déjà, les parents de Sophie étaient à pied d’oeuvre et il ne restait que des détails à peaufiner. Son Papa a fait de Félibre un beau bateau tout net sans plus aucune accroche, c’est dingue ce qu’il a rajeûni ! Et sa Maman a géré toute la logistique et l’intendance, quel boulot !

Avec Laurent, l’équipier de Sophie sur la Mini Lions, nous aidons Sophie à préparer ses caisses de nourriture – une de sucré, une de salé - pour la 1ère étape jusqu’à Madère. La caisse d’habits, la caisse à bricoler et à bricoles – dont le sac à merdouilles créé par Charly. En fait Sophie est prête et il ne reste que des bricoles à préparer pour le départ qui doit avoir lieu le lendemain. Laurent qui connaît bien Félibre s’occupe des dernières bricoles et moi je discute sur le ponton.

14h : présentation officielle des 89 skippers sous un soleil de plomb

18h: briefing skippers. Les bruits de pontons qui se propageaient depuis le début de journée sont confirmés. Un fort coup de vent est annoncé pour la nuit de lundi à mardi, à ce moment là les Minis seront dans le Golfe de Gascogne et personne ne souhaire réitérer la mauvaise expérience de la Transgascogne, rebâptisée depuis la “Transquicogne”…

Afin que tous ceux qui ont fait le déplacement puissent voir les bateaux sur l’eau, un prologue est organisé pour le dimanche. Le prologue est un parcours d’avant course qu’il ne faut surtout pas gagner… Et oui, il paraît que le vainqueur du prologue ne gagne jamais la course et il ne faut surtout pas contredire les superstitions de marins ! Fort heureusement pour tous nos marins, le prologue a été annulé faute de vent. Ce fût donc pour Sophie une journée bronzette en compagnie de ses parents et de son frère.

Aujourd’hui les derniers détails à régler, dont celui, stressant, de la remorque que les copains n’ont pu emmener puisqu’une personne mal intentionnée en a piqué les feux… Ouf, dans l’après-midi, on trouve quelqu’un à La Rochelle qui va la garder sur place. Merci Yann !

Sophie a enfin le temps de peaufiner les derniers détails, d’étudier la météo. Le départ a lieu demain, mardi 18 septembre, à 12h30. Dommage nous ne serons pas là pour t’accompagner sur l’eau mais nous pensons bien sûr fort à Toi.

Départ reporté

Samedi 15 septembre 2007

Suite à des prévisions dans le genre de celles de la Transgascogne le départ de la Transat est reporté à une date ultérieure, sans doute à mardi soir ou mercredi matin. Bonne nouvelle pour vous, je vais avoir le temps de vous raconter les derniers préparatifs!

Demain prologue en équipage toute la journée pour faire plaisir à la famille et aux sponsors!! Je naviguera avec Papa et Renaud, mon frère.

Arrivée à La Rochelle

Vendredi 7 septembre 2007

Petit retour en arrière après une semaine bien chargée.

Vendredi dernier après une matinée entière chez le dentiste qui a pris grand soin de moi, une après-midi au boulot à clôturer toutes les affaires en cours en prévision de mon absence (ma disparition !) j’ai pris le train pour Montpellier. Bien que je prenne tous les vendredis ce même train celui là avait un avant goût de Transat et je dois dire que je flottais un peu sur mon petit nuage. Le contrôleur aurait annoncé la gare de Salvador de Bahia que je n’aurais pas été surprise ! Reda (un collègue) m’a offert des petites douceurs orientales pour accompagner mon périple nautique et cela m’a fait chaud au cœur. Le train sentait bon les vacances et l’aventure, ça y est, enfin on y était.

A Montpellier je devais rejoindre Gaël et Philippe (skipper de Cepat qui m’avait déjà aidée le week-end précédent à construire mes conformateurs de ber). Philippe possède un Land Rover pas tout neuf mais génial et il a son permis poids lourd. Okoumé, le bateau de Gaël, était chargé sur ma remorque et nous avons mis le cap sur Soubise avec tout le bazar. J’ai oublié de préciser que dans le Land Rover il n’y a que deux places assises, le troisième dormait confortablement installé à l’arrière sur un matelas, au milieu des sacs… Bien entendu nous étions en convoi exceptionnel car le bateau fait trois mètres de large et 3,60m de haut avec le mât posé dessus, ce qui donne un ensemble d’une douzaine de mètres de long plus la voiture ! Mais nous n’avions demandé aucune autorisation car c’est le meilleur moyen de se faire verbaliser pour défaut de girophare, de plaque convoi exceptionnel etc… La bonne vieille méthode incognito en une nuit a encore fait ses preuves. Nous avons même réussi à voyager en classe 1 grâce au télépéage et à l’endormissement complet des surveillants de barrières camion que l’on faisait ouvrir les unes après les autres. En effet le seul endroit où l’on passe au péage est la file de droite car elle n’est pas comprise entre deux piliers… J’ai même pris le volant car le rapport poids de la voiture sur poids du chargement nous dispensait de permis E. Ca nous fait de bons souvenirs divers et variés le mini. Ci-dessous le convoi sur un parking où il était facile de faire demi-tour…

La remorque avec Okoumé          Dans le camion de Philippe

Après la nuit quasiment blanche j’ai retrouvé mon bateau à Soubise. Premier soulagement la réparation avait été bien faite. La peinture a été repassée au rouleau et non au pistolet sur le bulbe mais vue la surface ça ne change pas grand’chose. Merci beaucoup au chantier Tournier Marine pour son aide précieuse. Nous avons ensuite remis le bateau à l’eau, avec je dois l’avouer une certaine inquiétude quand au bon déroulement des opérations. Mais ce fut fait vite et bien, essentiellement grâce à Philippe et son zodiac venu spécialement pour m’aider.

Isabelle, plus connue sur ce blog sous le nom de Zaberlouette est ensuite venue à bord et Philippe nous a tractées avec le zodiac le long de la Charente. J’ai pu prendre plus sereinement quelques photos, avec toujours les cabanes de pêcheurs.

Isabelle à la barre     Cabanes de pêcheurs     Remorquées par le zodiac 

A l’île d’Aix nous nous sommes arrêtés le temps de manger, bord à bord avec Joshua, l’ancien voilier de Moitessier, sous un grand soleil avec au loin Fort Boyard.

Joshua

Nous sommes ensuite reparties Isabelle et moi à la voile avec cette fois le Port des Chalutiers à La Rochelle comme objectif. Isa a pu découvrir les joies du mini par petit temps et belle mer pendant que je prenais des coups de soleil. La voici donc à la barre…

Isabelle à la barre 2          Isabelle à la barre 3

Ensuite j’ai pris le relais tandis qu’elle se chargeait de la navigation, c’est-à-dire dans le jargon maritime de l’étude de la route à suivre pour éviter les obstacles en tenant compte du vent, des courants et de la marée. Et des hauts fonds il y en a dans le coin, il a d’ailleurs fallu attendre la bonne heure pour pouvoir emprunter le chenal d’accès au port la marée étant à fort cœfficient ce jour là (ce qui veut dire de grandes amplitudes d’eau). De toute façon le port des Chalutiers est un bassin fermé par une écluse qui n’ouvre que deux heures avant la marée haute et ferme une demi-heure après. Et en plus de l’écluse il y a un pont sur lequel passent les voitures qu’il faut donc ouvrir pour nous laisser entrer.

Faute de moteur ou de zodiac nous sommes rentrées à la voile dans le chenal, toujours bord à bord avec Joshua qui allait au même endroit. Au moment où nous arrivions devant le pont, toujours sous voile il s’est ouvert pour nous, comme dans les films d’action. Et là stupéfaction, personne à l’intérieur du bassin, j’étais la première !!! Ce fut un moment assez intense, l’impression d’être au bout d’un long chemin semé d’embûches, remplis de joies (l’arrivée de certaines courses, de ma qualif…) mais aussi de désespoir (comme Soubise ou l’annonce de ma position sur la liste d’attente à Noël). Ca fait un peu cliché mais il est difficile de décrire mon émotion à l’arrivée dans ce port, première. Soulagée sans aucun doute, heureuse, fière aussi, un chouette moment qui restera dans ma mémoire.

Voilà donc les premières photos de La Rochelle. Le phare en bois s’appelle le Phare du Bout du Monde et il parait que c’est une réplique (plus petite) du phare d’Ushuaia. Pour moi ce n’est pas encore le bout du monde mais la première étape pour y arriver !

Devant le phare du Bout du Monde     Phare du Bout du Monde

 

Joshua à La Rochelle     Amarrage à La Rochelle     Seule dans le bassin

Le temps file!

Mercredi 5 septembre 2007

Le temps passe, les journées sont bien remplies et à 23h après la journée de bricolage, la douche et le repas ,les yeux se ferment et les jambes ne trouvent plus le courage de marcher jusqu’au cyber café. Il parait que demain on aura droit au wifi à bord ce qui devrait me permettre de vous raconter mes aventures de ce début de semaine.

Samedi j’ai convoyé avec l’aide d’Isabelle et de Philippe (en zodiac) Félibre de Soubise jusqu’à la Rochelle. Les travaux avaient bien été faits, soulagement. Depuis j’ai refait la totalité de l’installation électrique (et électronique) des panneaux solaires, ce qui n’était pas prévu au programme. Et demain on attaque les contrôles de sécurité et tout le bazar officiel.

A très vite pour plus de nouvelles avec des photos…