Samedi dernier avait lieu l’assemblée générale du club de Port Carmargue. C’était l’occasion pour moi d’éclaircir toutes les rumeurs sur les conventions minis, de rencontrer les dirigeants et les adhérents du club ainsi que les responsables du port, et de faire un peu le point sur l’ambiance générale.
Depuis plusieurs années les coureurs ministes profitaient d’une convention signée avec le port qui permettait de disposer d’une place au fameux ponton B à un tarif réduit d’environ 600€ par an, prix qui comprenait également un certain nombre de grutages. En échange le propriétaire du mini s’engageait à adhérer au club, à y prendre sa licence et bien sûr à participer à des courses. Comme Port Camargue organisait la quasi-totalité des courses de mini en Méditerranée il y avait beaucoup de bateaux au ponton B et une excellente ambiance. Ce ponton c’était un peu notre maison à tous. On y encourageait ceux qui partaient en qualif, félicitait ceux qui en revenaient, on bricolait ensemble, bref j’en garde de très bons souvenirs. Et malheureusement il semblerait que tout ça ne vive plus que dans nos souvenirs…
En effet le comité directeur du club de Port Camargue ne veut plus organiser de course pour les ministes. J’ai découvert samedi que cela venait entre autres d’un différent avec Antoine Grau, le président de la classe suite à ce qui est à mes yeux un malentendu. Du côté de la classe le club de Port Camargue n’est pas non plus tenu en haute estime, il semblerait que ça soit la guerre froide… La première répercussion de cette affaire se constate immédiatement dans le calendrier de la classe. Aucune course au départ de Port Camargue, plus de Mini Max, Mini Lions, Mini Solo ou Mini Med. Une seule course confirmée en Méditerranée française, deux en attente de validation. Le deuxième effet est la suppression pure et simple de toute forme de convention. On nous propose donc désormais une place au tarif normal c’est à dire à 1750€. Il va sans dire que chacun cherche une autre solution, certains ayant déjà choisi de partir en Atlantique. D’où il résulte une dispersion générale des ministes, sur le thème “chacun sauve sa peau, advienne que pourra”. L’ambiance qui allait avec le ponton part également en fumée. Ce qui est vraiment dommage car le mini sans l’ambiance qui va avec, sans les copains, sans le fameux “esprit mini” c’est beaucoup moins sympa.
La rupture semblant être définitivement consommée entre Port Camargue (ou du moins ses dirigeants) et les ministes je ne vois moi non plus guère l’intérêt de payer si cher ma place au ponton, sachant que le bateau est en vente et que sans course il n’y a aucune raison d’être à Port Camargue plutôt qu’ailleurs. Ma première priorité est donc de trouver une solution pour Félibre. Et il est à craindre que ce dernier finisse dans un service de gardiennage de caravanes et bateaux. Ce qui ne m’empêchera pas de naviguer si je ne l’ai pas vendu d’ici là puisque les ports offrent une franchise d’une dizaine de jours avant et après chaque course. Certes cette solution ne convient pas à quelqu’un qui souhaiterait s’entraîner régulièrement mais ce n’est pas mon cas.
Je vois ensuite un deuxième problème à régler, moins urgent mais bien plus important, relancer un nouveau “pôle” mini ailleurs, dans un autre port, sur un autre ponton, dans un club qui voudra bien de nous, qui pensera à mentionner nos résultats dans son bilan, qui voudra profiter des prologues pour faire naviguer ses membres sur des minis, qui organisera une soirée d’échange et de partage, avec projection de film et de photos sur la Transat au retour des skippers, qui comprendra qu’on a aussi des choses à offrir. Quand on voit l’enthousiasme du club de Port Bourgenay, la gentillesse et la disponibilité de ses membres, on a envie de vivre ça aussi en Méditerranée. On est sur une piste et on en saura plus fin Mars, d’ici là je continuerai à ressasser les merveilleux souvenirs du ponton B et à repenser à toutes les rencontres que j’ai pu y faire…